Sunday, December 14, 2008

En qui les investisseurs pourront-ils encore avoir confiance ?


Bernard Madoff (voir photo), 70 ans, ancien président de la bourse du Nasdaq, un des financiers les plus respectés de Wall Street, a avoué avoir organisé une escroquerie d'une ampleur sans précédent. Aux enquêteurs qui l'ont interrogé jeudi dernier le 11 décembre, Madoff a expliqué que tout était du bidon dans les performances des hedge funds dont sa société assurait la gestion, l'argent amené par les nouveaux investisseurs servant à payer des rendements confortables aux autres investisseurs présents dans ses fonds.
Les conséquences de ce désastre devront encore être évalués dans les prochaines semaines, mais on peut penser que les dégâts vont être importants pour l'ensemble de l'industrie de la gestion d'actifs et pour celle des hedge funds en particulier.
En effet, si une personnalité respectée comme Bernie Madoff, dont la firme était active à Wall Street depuis 1960, s'avère être un vulgaire escroc, en qui les investisseurs vont-ils encore pouvoir accorder leur confiance ?
Et comme on le sait, s'il n'y a plus la confiance, c'est le fondement même de toute l'industrie de la gestion de patrimoine, une industrie qui tend à gagner la confiance des investisseurs en vue de voir ceux-ci accepter de lui confier la gestion de son épargne, qui est remis en cause. Pas bon, tout ça...

Tuesday, December 9, 2008

Les certificats du Trésor US à 4 semaines rapportent du... 0%

Non, ce n'est pas une blague.
Les Trésor américain a adjugé aujourd'hui 32 milliards de dollars de certificats à 4 semaines à un taux de rendement de... 0% !
Les investisseurs ont offert 126 milliards de USD lors de cette adjudication, soit environ 4 fois le montant que le Trésor était disposé à financer.
Le taux de rendement des certificats à 3 mois s'est quant à lui effondré à 0,01% !
L'explication est la suivante : le niveau d'aversion au risque est tel actuellement que les investisseurs sont prêts à abandonner tout rendement pour leurs placements à court terme, du moment que la sécurité de ces placements soit garantie par la signature de l'Etat. Les maturités les plus courtes sont les plus prisées, signe que l'incertitude et l'absence de visibilité est très grande, ce qui pousse les investisseurs à se positionner sur les échéances les plus rapprochées, faisant chuter les taux de rendement.
Non, la crise financière n'est pas terminée...

Friday, December 5, 2008

Le syndrome japonais pèse sur les marchés

Malgré la baisse historique de 0,75% du taux directeur de la Banque Centrale Européenne ce 4 décembre, les marchés font la moue.
Les opérateurs craignent en effet que la réaction de la BCE face à l'ampleur de la crise soit finalement trop tardive et trop timorée pour assurer une relance suffisante des économies de la zone euro. La Banque d'Angleterre a abaissé de 100 points de base son taux directeur à 2%, après une révision à la baisse de 150 points de base le mois dernier. Le taux central de la Banque d'Angleterre se situe actuellement à son niveau le plus bas depuis la fondation de la Banque en... 1694 !! La banque centrale de Suède a également frappé fort ce 4 décembre avec une baisse de 1,75% de son taux directeur, soit la plus forte baisse depuis 1992. Le taux directeur de la FED se situe quant à lui à 1%, après la baisse de 0,50% du 29 octobre (voir graphique), et le marché s'attend à ce que la banque centrale US procède à une nouvelle baisse de son taux directeur lors de sa prochaine réunion du 15 décembre.
Les interventions de la BCE sont donc perçues comme timides en comparaison avec les mesures drastiques prises par ses consoeurs, et par conséquent la crainte qu'une longue période (10 ans...) de récession et de déflation à la japonaise puisse toucher la zone euro dans les prochains trimestres est présente dans les esprits des analystes et pèse sur les marchés. Affaire à suivre...

Monday, December 1, 2008

In-extremis, novembre évite une catastrophe



Alors que l'on s'attendait à un mois de novembre dramatiquement catastrophique au niveau des bourses européennes, la dernière semaine du mois a permis de limiter la perte mensuelle à -6,78% sur l'indice DJ STOXX 600.
Cela reste une belle correction, mais comparé à la chute de -17,73% enregistrée à une semaine de la fin du mois, on peut dire que novembre a sauvé les meubles, la hausse de 13,31% sur la dernière semaine ayant permis d'afficher un bilan mensuel certes très médiocre, mais pas apocalyptique. Par les temps qui courent, on se contente de peu...