Tuesday, December 15, 2009

La croissance dans la zone euro connaît des ratés


Eurostat,l'agence statistique de l'Union Européenne, a publié lundi 14 décembre son estimation de la production industrielle dans la zone euro pour le mois d'octobre qui a chuté de 0,6% par rapport au mois de septembre 2009. Par rapport à la même période de l'année précédente, la chute s'élève à 11,1%.
Cette chute de 0,6% fait suite à 5 mois consécutifs de croissance de la production industrielle calculée en variation par rapport au mois précédent. Si on examine l'évolution par pays, on constate que l'Allemagne réalise le plus mauvais score après l'Irlande et l'Estonie, avec une chute de la production industrielle de 1,8% par rapport au mois précédent.

Ceci rappelle que la zone euro fait face à un environnement économique qui reste difficile et que la reprise économique va probablement rester hésitante durant les prochains trimestres.
Cette baisse mensuelle de l'activité industrielle pourrait contrarier les anticipations de croissance du PIB pour l'ensemble du 4e trimestre dans la zone euro. A ce mauvais chiffre s'ajoute en effet celui des commandes industrielles en Allemagne, en baisse de 2,1% en octobre. Ce chiffre des commandes industrielles est généralement un bon indicateur avancé de la production industrielle à venir, ce qui suggère que la reprise économique au 4e trimestre devrait davantage dépendre de la consommation des ménages. Or, avec un taux de chômage qui est toujours en croissance suite à la baisse confirmée de 0,5% de l'emploi au 3e trimestre par rapport au trimestre précédent, on peut douter que les ménages européens vont ouvrir largement leur portefeuille à l'occasion des fêtes de fin d'année. Cette baisse de l'emploi constitue la 5e baisse trimestrielle successive dans la zone.

Ces chiffres tendent à confirmer notre scepticisme concernant les attentes de progression bénéficiaires des entreprises en 2010. En effet, les analystes s'attendent pour l'année 2010 à une progression des bénéfices des entreprises cotées en Europe de l'ordre de 30% à 35%, et c'est cette attente qui justifie le discours ambiant selon lequel les bourses sont raisonnablement valorisées à l'heure actuelle. Cette forte reprise attendue des bénéfices contredit les attentes des macro-économistes qui sont beaucoup plus prudents. En cas de déception, qui est le scénario que nous anticipons, une correction boursière sera inévitable.