Tuesday, September 28, 2010

Nouvelles tensions en perspective au sein de la zone euro

L'Irlande, la Grèce et le Portugal inquiètent à nouveau les marchés financiers, comme l'illustre le graphique ci-dessus de l'évolution du taux de rendement de l'emprunt de la République d'Irlande à 10 ans.
Pour ce pays, l'inquiétude provient des nouveaux déboires de l'Anglo Irish Bank, lourdement engagée dans le secteur immobilier, et dont le rating de la dette senior a été abaissé hier de 3 crans hier par Moody's à Baa3, venant de A3. Aujourd'hui, Standard & Poors a publié une évaluation de ce qu'une faillite d'Anglo Irish Bank pourrait coûter à l'Irlande : 35 milliards d'euros, soit environ un cinquième du total de sa dette publique, et davantage que les 33 milliards d'euros qui ont déjà été déboursés jusqu'ici par l'Irlande pour sauver son système bancaire en 2008 et 2009... Le coût réel d'un renflouement d'Anglo Irish Bank sera annoncé à la fin de cette semaine par le gouvernement.

L'inquiétude liée au Portugal est davantage de nature politique : le gouvernement portugais devant compter sur le soutien d'une partie l'opposition pour voter les mesures nécessaires pour rééquilibrer les finances publiques, le chef de l'opposition sociale-démocrate a annoncé la semaine dernière qu'il ne voterait pas le budget si celui-ci incluait de nouvelles taxes. Le premier ministre José Socrates a déclaré vendredi que sans approbation du budget, le gouvernement ne pourrait plus fonctionner. L'écart de rendement entre la dette portugaise et la dette allemande à 10 ans a grimpé cette semaine à 4,20%.

Pour la Grèce, le marché continue à douter de la capacité du pays à faire face à sa montagne de dettes. L'Etat grec doit maintenant payer un taux rendement de plus de 11% pour trouver des investisseurs prêts à lui prêter de l'argent à 10 ans, et ce malgré le plan de sauvetage de 750 milliards d'euros accordé au printemps par l'Union Européenne et le FMI...
La semaine en cours risque encore d'être cruciale pour la zone euro.

Thursday, September 16, 2010

Pourquoi l'éclatement de la bulle immobilière espagnole est encore à venir ?

Des chiffres récents ont laissé entrevoir un espoir de reprise du secteur immobilier en Espagne, notamment une hausse de 25% du nombre de logements vendus au 2e trimestre 2010 par rapport au même trimestre de l'année précédente. Mais ce regain de forme n'est qu'apparent : l'encours net de nouveaux crédits immobiliers a continué à chuter au 2e trimestre, ce qui tend à montrer que la hausse du nombre de transactions concernait des ménages déjà propriétaires qui changent de logement (à meilleur compte), ce qui ne résorbe aucunement le stock d'un million de logements qui ne trouvent pas preneur.
Mais deux mauvaises nouvelles à venir vont amplifier la crise immobilière dans les prochains mois :
- les banques espagnoles vont être contraintes, par de nouvelles réglementations dictées par la Banque d'Espagne, de constituer des provisions de 30% de la valeur des biens immobiliers qu'elles détiennent (un parc évalué à 60 milliards d'euros) s'ils n'ont pas été vendus dans les deux ans. Les banques vont donc être poussées à liquider leur portefeuille immobilier, ce qui aura un impact négatif important.
- la déductibilité fiscale des intérêts de prêts immobiliers va peu à peu être supprimée à partir du 1er janvier 2011, ce qui va équivaloir à un renchérissement du coût d'acquisition.
La crise du surendettement va encore se faire sentir...

Thursday, September 9, 2010

Les prévisions intermédiaires de l'OCDE anticipent un fort ralentissement de la croissance en Europe

Comme le montre le tableau ci-dessus, l'OCDE s'attend à un ralentissement important de la croissance dans la zone Euro, le groupe des pays "Euro 3" (Allemagne + France + Italie) voyant leur PIB croître de 0,4% au 3e trimestre 2010 contre 5,1% au 2e trimestre de cette même année.
Il est intéressant de noter que les Etats-Unis ont commencé à subir cet essoufflement de la croissance 2 trimestres plus tôt, la croissance du PIB passant de 5% à 3,7% entre le 4e trimestre 2009 et le 1er trimestre 2010, puis à 1,6% au 2e trimestre.
Pier Carlo Padoan, le chef économiste de l'OCDE, ajoute cependant qu'il est encore difficile de dire si l'essoufflement de la reprise sera temporaire ou plus durable étant donné les "incertitudes considérables" qui pèsent sur la reprise.

Monday, September 6, 2010

La Belgique en sursis ?

Pas pour le moment. Ce lundi 6 septembre, le différentiel de taux d'intérêt entre les obligations d'Etat belges et allemandes n'a pas évolué de façon significative malgré l'échec des négociations institutionnelles enregistré vendredi en fin de journée. Les marchés semblent donc laisser encore du temps à la classe politique belge pour trouver une solution et aboutir à cette 6ème réforme de l'Etat.
Mais il est clair que ce temps ne sera pas infini : des mesures économiques et budgétaires doivent être prises rapidement en Belgique si l'on veut éviter un dérapage incontrôlé du déficit des finances publiques et de la compétitivité des entreprises. Si la crise politique s'éternise, il est certain que la Belgique sera sanctionnée par un renchérissement des taux d'intérêts auxquels l'Etat se finance, ce qui aura un impact économique et budgétaire très désagréable...