Thursday, December 15, 2011

Merkel - Schaeuble : l'autre couple qui dirige la zone euro

A côté du couple Merkel-Sarkozy, un autre couple pèse considérablement sur l'avenir de la zone euro : celui que forme la Chancelière allemande avec son Ministre des Finance en chaise roulante Wolfgang Schaeuble.
Je vous recommande cet article détaillé sur les relations complexes et de longue date entre Angela Merkel et Wolfgang Schaeuble et sur l'influence notable que ce dernier a sur la première.

Monday, December 12, 2011

Bilan du sommet européen de Bruxelles des 8 et 9 décembre

Les décisions prises lors de ce sommet vont permettre de :

- renforcer l'engagement des gouvernements vers davantage d'intégration au niveau européen : oui, même si ce n'est qu'un premier pas assez timide ;

- mettre en place une véritable intégration fiscale européenne : non, il s'agit au mieux d'une coordination fiscale que certains esprits caustiques pourraient qualifier de "flicage fiscal" via le contrôle européen des déficits ;

- relancer la croissance économique en Europe : non, au contraire : les décisions sont une consécration de la doctrine allemande visant à promouvoir l'austérité budgétaire antinomique de la relance de la croissance. Ceci est particulièrement préjudiciable pour des Etats comme l'Espagne ou l'Irlande dont la situation en terme de déficit public est saine mais qui sont confrontés à un endettement privé et un chômage explosifs et dont les problème ne sont pas adressés par ces mesures ;

- soulager le poids de la dette des Etats les plus endettés : non, au contraire : le projet d'implication "volontaire" du secteur privé (= des banques) est abandonné, et ce n'est pas parce que les Etats s'engagent sur une règle d'or inscrite dans leur constitution et acceptent de se plier à un contrôle européen que leur dette va effectivement se réduire. En effet, sans croissance économique, la réduction de l'endettement reste très hypothétique ;

- soulager les banques européennes : oui, pour la même raison que ci-dessus, et grâce au fait que les banques peuvent désormais se financer jusqu'à 3 ans auprès de la BCE de façon illimitée

- ouvrir la voie à une intervention musclée de la BCEpas clair à ce stade : le discours de Mario Draghi jeudi dernier laisse très peu d'espoir à un changement fondamental d'attitude de la BCE concernant sa politique d'achat d'obligations d'Etats ;

- permettre une réduction des taux d'intérêts payés par les Etats les plus endettés : non, du moins pas à court ou moyen terme, dans l'hypothèse probable où la BCE ne va pas devenir acheteuse massive d'obligations souveraines et où les banques confrontées à une obligation de désendettement vont rester vendeuses nettes ;

- augmenter les moyens d'intervention pour aider les pays en crise : non, au contraire : l'enveloppe du Mécanisme Européen de Stabilité (ESM) est maintenue à 500 bn € et une intervention via le FMI pourrait porter sur 200 bn € : ces montants sont insuffisants en cas de dérapage de la situation en Italie ou en Espagne ;

- assouplir les modalités de mobilisation de l'aide d'urgence aux pays en crise : oui : la mise en place du programme d'aide permanent de l'ESM est avancé de 12 mois, en remplacement de la Facilité Européenne de Stabilité Financière (EFSF) ;

Conclusion : il y a gros à parier que d'autres sommets de la dernière chance seront nécessaires pour résoudre cette crise de la zone euro. Quant aux marchés financiers, ils resteront chahutés.

Friday, December 9, 2011

Merkozy au sommet européen des 8 et 9 décembre

A lire les décisions et les commentaires issus du sommet européen de ces 8 et 9 décembre, c'est cette image de l'illustrateur Ingram Pinn qui me vient en tête : Merkozy avec leur fusil à bouchon qui défendent l'euro face à l'armada des spéculateurs.
Devant l'indigence des mesures annoncées, je crains que ces derniers vont se déchaîner dans les semaines qui viennent vis-à-vis de l'euro et des marchés obligataires et boursiers européens.

Bonne journée quand même !

Saturday, December 3, 2011

5 milliards de bras d'honneur

5 milliards d'euros : c'est l'incroyable montant que les épargnants ont prêté en une semaine à l'Etat belge au taux de 4%.
Ce record historique dans l'histoire des émissions d'emprunts d'Etat par la Belgique depuis la naissance de l'euro est un formidable bras d'honneur lancé par les citoyens belges à la finance internationale.
Alors que celle-ci s'ingéniait depuis quelques semaines à vendre les obligations belges et à pousser de ce fait les taux de rendement à la hausse, pariant sur un scénario-catastrophe qui allait emporter les finances publiques des Etats de la zone euro dans une spirale infernale, les petits épargnants belges ont dit non.
Ils ont souscrit en masse à ce nouvel emprunt d'Etat qui a récolté environ 10 fois le montant qui était espéré par l'agence belge de la dette, déjouant tous les pronostics et mettant K-O tous ces brillants spéculateurs internationaux.
Quelle fantastique leçon de bon-sens donnée aux prédateurs de la finance qui vont désormais réfléchir à deux fois avant de provoquer à nouveau cet adversaire dont il avait sous-estimé les ressources : le petit épargnant belge....

Sunday, November 27, 2011

Budget 2012 pour l'épargne : la double exception belge est maintenue

Elio Di Rupo a annoncé lors d'une conférence de presse aujourd'hui les principales mesures dans le cadre de ce fameux budget 2012 qui a finalement été bouclé ce samedi 26 novembre.
Concernant la fiscalité de l'épargne, ces mesures s'écartent quelque peu de ce qui avait filtré ces derniers jours et que je vous avais rapporté dans mon post du 22 novembre.

Voici ce qu'a annoncé M. Di Rupo :

- le précompte mobilier sur les revenus d'intérêts passe de 15% à 21%, comme anticipé.

- pour les revenus de dividendes, le précompte mobilier reste finalement à 25%.

- taxation spéciales des hauts revenus : le système retenu est finalement le suivant : les personnes qui disposent de revenus mobiliers annuels de plus de 20.000 euros payeront un prélèvement exceptionnel de 4 % supplémentaires sur la partie qui dépasse les 20.000 euros. Selon la déclaration du futur premier ministre, un système a été mis en place pour éviter que les revenus mobiliers des particuliers ne soient transmis à l’administration fiscale. C’est apparemment la Banque nationale qui collectera ces données. Reste à voir dans la pratique comment cela sera organisé...

- comme anticipé, pas de changement concernant les comptes d'épargne dont les revenus d'intérêts sont défiscalisés à concurrence de 1.770 € par an.

- taxation des plus-values : surprise : il y aura bel et bien une taxation des plus-values, mais uniquement pour les sociétés, par pour les particuliers. Il s’agira d’un prélèvement à 25 %, mais uniquement sur les plus-values réalisées moins d’un an après l’acquisition du titre.

- taxe boursière : les négociateurs se sont également entendus sur une augmentation de la taxe sur les opérations boursières, dont le montant n'a pas encore été précisé.

La grosse (et bonne) surprise pour les épargnants domiciliés en Belgique est donc le maintien de l'absence de toute taxation des plus-values sur la vente de titres dans le chef des particuliers. Les épargnants évitent aussi toute taxation visant le patrimoine proprement dit, confirmation de ce qui avait filtré des discussions préliminaires. Cette double exception belge dans le paysage européen est donc maintenue pour le moment, ce qui ne manquera pas de faire plaisir à nos amis français venus trouver en Belgique des cieux cléments en matière d'imposition du patrimoine.

De nombreux détails concernant ces mesures sont attendus dans les jours qui viennent. Nous ne manquerons pas de vous en tenir informés.

Friday, November 25, 2011

Ma prédiction pour 2012 : davantage de congés bancaires

Il n'y a que trois façons de faire face à un afflux d'épargnants venant retirer en masse leur argent d'une banque ("bank run" comme on dit en anglais) :
- avoir un Etat solvable prêt à garantir les dépôts des épargnants;
- avoir un prêteur en dernier ressort prêt à fournir de la liquidité en quantité illimitée;
- fermer la banque.
Nous devrions donc avoir davantage de congés bancaires en 2012...

Thursday, November 24, 2011

Qui doit combien à qui ?

C'est à cette question que répond cette instructive infographie publiée sur le site de la BBC qui détaille, pour les principales économies mondiales et pour certains pays européens, les montants de leur dette (publique et privée) financée par des banques étrangères et les pays où ces banques sont localisées.
Il est effrayant de voir par exemple l'ampleur de la dette extérieure des USA vis-à-vis en particulier des banques japonaises et britanniques, ainsi que la forte exposition des banques françaises à la dette italienne.
L'infographie renseigne aussi le niveau de l'endettement extérieur (public et privé) des Etats ramené par tête d'habitant. L'Irlande est à ce titre dans une situation effarante, avec un endettement extérieur de plus de 390.000 € par habitant, suivi par le Royaume-Uni avec près de 118.000 € par habitant.
Intéressant de voir que l'Allemagne, avec environ 51.000 € d'endettement extérieur par habitant, est dans une situation bien plus mauvaise que le Portugal, l'Espagne ou l'Italie...
Merci à Christian Van Besien de m'avoir transmis ce lien.

Wednesday, November 23, 2011

Intéressant : les investisseurs boudent le Bund allemand

Alors que les obligations d'Etat allemandes (le "Bund" dans le jargon) ont faire figure de la valeur refuge dans laquelle les investisseurs s'engouffraient, à la recherche d'un havre de stabilité, l'adjudication de ce matin d'une tranche de 6 milliards d'euros d'obligations à 10 ans a fait un flop.
Comme le rapporte cet article de Wall Stree Journal, seulement 3,6 milliards d'euros ont été adjugés à un taux de rendement de 1,98%.
Deux raisons probables pour cet adjudication loupée :
- les banques européennes, typiques acquéreurs de ces émissions, sont en plein processus de désendettement et de réduction de la taille de leur bilan et en quête de liquidités et sont donc probablement restées sur le côté;
- les taux de rendement du Bund étaient devenus ridiculement bas, poussés à la baisse par son statut de refuge suite à la débandade sur le marché de la dette souveraine dans le reste de l'Europe.Dans la foulée de cette adjudication ratée, les taux des obligations allemandes à 10 ans sont partis à la hausse ce mercredi matin, comme l'illustre le graphique ci-dessus, et pointent désormais à 2,04%.
L'Allemagne commence donc à sentir pour elle-même l'inconfort que constitue la situation préoccupante de l'ensemble de la zone euro au niveau du coût auquel elle pourra se financer. Au niveau économique, cet inconfort est déjà bien présent, avec des perspectives de croissance économique pour 2012 qui sont revues drastiquement à la baisse en Allemagne.

Ceci fera peut-être réfléchir les dirigeants allemands et les mènera à assouplir leur position au sujet du rôle de la BCE que les partenaires européens veulent beaucoup plus actif, et de l'idée des Eurobonds à laquelle ils avaient jusqu'ici répondu par un "nein" franc et massif...

Tuesday, November 22, 2011

La note Di Rupo sur la fiscalité de l'épargne - update

D'après les éléments qui ont pu filtrer des négociations menées en vue de former un gouvernement, le projet de modification de la fiscalité de l'épargne s'orienterait vers les éléments suivants et marquerait donc une évolution assez notable par rapport à la note Di Rupo initiale (voir notre post du 4 juillet 2011) :
1) Le précompte mobilier sur les revenus d'intérêts passerait de 15% à 21%, au lieu des 20% annoncés dans la note du mois de juillet. Cela va rapporter gros à l'Etat...

2) Il n'y aurait pas de changement concernant les populaires comptes d'épargne dont les revenus d'intérêts sont défiscalisés à concurrence de 1.770 € par an.

3) Le précompte mobilier sur les dividendes serait harmonisé à 21%, en remplacement du régime actuel de 15% ou 25%, et serait donc équivalent à la taxation des revenus d'intérêts.

4) Les boni de liquidation seraient aussi taxés à 21%, a lieu du taux actuel de taxation de 10%.

5) Les plus-values réalisées sur les ventes de titres seraient taxées au même taux de 21%. La période dorée marquée par l'absence de taxation des plus-values prendrait donc fin en Belgique. Nous n'avons pas de détail à l'heure actuelle sur le traitement réservé aux moins-values ou sur d'éventuelles durées de détention permettant de moduler ou d'éviter la taxation.

6) Enfin, le projet de taxation du patrimoine semble abandonné en tant que tel. Cependant, les contribuables dont les revenus totaux (revenus professionnels + mobiliers + immobiliers + divers) dépasseraient 120.000 € par an se verraient imposer une taxation additionnelle de 5% sur leurs revenus mobiliers, en plus des 21% imposés à la source, soit donc une taxation totale de 26% de ces revenus mobiliers. Comme ces revenus mobiliers devraient apparaître dorénavant dans la déclaration fiscale des contribuables pour permettre l'application de cette éventuelle taxation additionnelle de 5%, il est probable que les centimes additionnels communaux viendraient frapper ces revenus mobiliers, ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent avec le régime du précompte mobilier libératoire.

Les mesures mentionnées ci-dessus restent à prendre au conditionnel, mais si elles sont adoptées, la fiscalité du patrimoine en Belgique serait donc sensiblement alourdie. Reste à voir si les négociations gouvernementales vont arriver à leur terme.
Suite donc au prochain numéro...

Friday, November 18, 2011

L'avis de Guy Wagner

Guy Wagner est l'économiste en chef de la Banque de Luxembourg. J'aime toujours lire ses commentaires et ses avis pleins de bon sens.
Dans son dernier message publié sur son blog, il livre son analyse sur les chance de survie de la zone euro. Pas optimiste, notre ami Guy Wagner...
Bonne lecture.

Monday, November 14, 2011

Les indicateurs avancés de l'OCDE encore en baisse

 L'OCDE vient de publier les chiffres de ses indicateurs composites avancés pour le mois de septembre 2011, sensés préfigurer de 6 mois l'évolution de la conjoncture économique internationale.
Pour la moyenne de l'ensemble des pays de l'OCDE, l'indicateur est en baisse de 0,4 point, sa sixième baisse mensuelle consécutive, mais pointe encore légèrement au-dessus de 100 qui représente la tendance conjoncturelle à long terme.
Seuls le Japon, les Etats-Unis et la Russie maintiennent encore un indicateur supérieur à 100, mais en baisse notable. Tous les autres pays sont déjà passés sous ce niveau avec une tendance baissière.
Deux observations complémentaires :
1) Ce qui frappe, c'est le caractère coordonné de ce ralentissement économique au niveau mondial. Dans des cycles passés, des écarts parfois importants se marquaient entre les zones économiques en terme de tendance, ce qui avait avait un effet stabilisateur. Aujourd'hui, la tendance mondiale est uniformément à la baisse.
2) Le Brésil et l'Inde sont les deux pays dont les indicateurs composite avancés ont le plus baissé depuis 1 an.

Pas de quoi redonner de l'espoir aux investisseurs en bourse...
Le lien vers le rapport complet publié par l'OCDE est ici.


Sunday, November 13, 2011

La position de Jens Weidmann, président de la Bundesbank

En écho à notre post précédent qui reprenait les propos du professeur d'économie Paul De Grauwe au sujet de la stratégie de la Banque Centrale Européenne, voici ci-dessous un court extrait de l'interview de Jens Weidmann (voir photo), Président de la Bundesbank (banque centrale allemande) réalisée le 10 novembre par deux journaliste du Financial Times (FT), Ralph Atkins et Martin Sandbu.

FT: What, then, is the role of a central bank in a crisis like this?
JW: The role of the central bank is clearly defined. It is to ensure price stability and to support the competent authorities in ensuring financial stability. With this formulation, it is clear that the responsibility for financial stability lies with governments. The EFSF [the European financial stability facility] or the ESM [its successor, the European stability mechanism] are ways to buy time and, in that sense, are sensible instruments.
FT: Can you explain why the ECB cannot be lender of last resort?
JW: The eurosystem is a lender of last resort – for solvent but illiquid banks. It must not be a lender of last resort for sovereigns because this would violate Article 123 of the EU treaty [prohibiting monetary financing – or central bank funding of governments]. I cannot see how you can ensure the stability of a monetary union by violating its legal provisions.
I think the prohibition of monetary financing is very important in ensuring the credibility and independence of the central bank, which allow us to deliver on our primary objective of price stability. This is a very fundamental issue. If we now overstep that mandate, we call into question our own independence.
FT: The impression is that the Bundesbank will stick by principles until the whole house burns down...
JW: Right now we’re talking about the EU treaty and I don’t see how you can build trust in a system that violates laws.

Comme on peut le lire, le patron de la Bundesbank considère que la responsabilité de la stabilité financière dans l'Union Monétaire Européenne en incombe aux gouvernements et que la BCE violerait les traités européens et mettrait en péril sa crédibilité et son indépendance si elle se positionnait comme prêteur en dernier ressort des Etats européens qui font face à une crise de confiance de leur dette.

Les économistes comme Paul De Grauwe (et beaucoup d'autres), qui estiment que la BCE devrait annoncer au marché qu'elle va acquérir des obligations gouvernementales européennes pendant une durée et pour des montants illimités pour résoudre la crise de la dette, sont donc en totale opposition avec la position de la Banque Centrale allemande, suivie jusqu'à ce jour par la BCE elle-même, qui défend farouchement le principe de s'en tenir au strict mandat de la Banque centrale Européenne.
La suite nous dira si la position dogmatique de la BCE sera tenable...
L'interview complète de Jens Weidmann est disponible sur le site du Financial Times via ce lien (accès réservé aux abonnés du FT).

Friday, November 11, 2011

De Grauwe au sujet de la stratégie de la BCE

Le professeur d'économie Paul De Grauwe (voir photo) a utilisé une métaphore amusante au sujet de l'attitude de la BCE en ce qui concerne sa politique d'achat d'obligations d'Etats européens sur le marché secondaire pour faire face à la crise des dettes souveraines : la BCE peut être comparée à un général qui part en guerre et qui annonce au moment de faire face à l'ennemi : "je déteste tirer, je vais tirer le moins possible et je rentre le plus vite possible chez moi". Dans ces conditions, dit De Grauwe, le général ne peut pas gagner la guerre.
En annonçant que ses achats d'obligations vont être limités et de courte durée, la BCE fait passer au marché le message selon lequel les chances sont très grandes que dès qu'elle va cesser ses achats, les cours des obligations d'Etats vont continuer à chuter, ce qui incite naturellement les investisseurs à vendre et rend la politique d'achats de la BCE inefficace.
Pour De Grauwe, le message que la BCE devrait faire passer au marché consiste à dire qu'elle va acquérir des obligations d'Etats européens pour une durée et pour des montants illimités. Dans ces conditions, les investisseurs auraient la convictions que les cours des obligations vont être durablement soutenus, et donc qu'il n'y a plus de raison de vendre. La BCE pourrait alors se contenter d'acquérir beaucoup moins d'obligations d'Etats pour en maintenir les cours et son action serait très efficace pour lutter contrer la hausse des taux de rendements payés par les débiteurs souverains.

L'interview complète de Paul De Grauwe (dans la langue de Vondel) peut être regardée en cliquant ici.

Wednesday, November 9, 2011

Les annonces et fuites incendiaires se multiplient

Bon nombre de dirigeants de notre planète semblent avoir perdu leurs nerfs ce 9 novembre.
Après l'intervention anxiogène de Christine Lagarde, la dirigeante du FMI, qui a annoncé s'attendre à une décennie perdue pour l'économie globale, il apparaît selon Reuters que des discussions ont lieu entre la France et l'Allemagne pour redessiner les contours d'une zone euro davantage intégrée politiquement et économiquement et restreinte à un plus petit nombre de pays que les 17 membres actuels.
Il n'en faut pas plus pour déstabiliser encore un peu plus les marchés déjà ébranlés par l'incertitude politique en Grèce et en Italie suite à la démission de leur premier ministre respectif et l'annonce d'élections anticipées.
Outre la chute sévère des marchés bousiers (environ -2.2% en Europe et -3.5% aux USA), la journée a été marquée par une dégringolade spectaculaire de l'euro par rapport au USD, passant de 1.3830 tôt ce matin en Europe à 1.3550 à la clôture des marchés US (voir graphique).
La crise vis-à-vis de l'Italie va-t-elle avoir raison de la solidité affichée jusqu'ici par la monnaie unique ? Même si ces attaques contre la dette italienne sont non-justifiées du point de vue des fondamentaux économiques actuels de l'Italie, c'est la confiance dans la capacité du pays à gérer avec rigueur ses finances publiques qui est en jeu. Si cette confiance n'est pas rapidement restaurée par la formation d'un gouvernement crédible et stable, les conséquences pour la zone euro pourraient être catastrophiques.
Parce que sauver l'Italie, le 4e émetteur mondial de dette souveraine avec 1.900 milliards d'euros d'encours, ne sera pas une mince affaire pour cet handicapé institutionnel et politique qu'est la zone euro.

Lecture matinale

Lula, Papandreou, Berlusconi : un article du Felix Salmon sur le déficit de leadership européen


Sélectionner les meilleurs managers : les recettes de Litman Gregory


Risques de décade perdue pour l'économie mondiale, dixit Christine Lagarde, la patronne du FMI

Bonne lecture

Tuesday, November 8, 2011

Les liens du jour

Au sujet de ce que l'on peut attendre de Super-Mario Draghi

Une analyse du risque de dépression dans la zone euro si l'Allemagne maintient son attitude vis-à-vis de la BCE.

Au sujet de la faillite de MF Global

Au sujet du véritable génie de Steve Jobs

Bonne lecture, bonne journée.

Thursday, October 27, 2011

Berlusconi n'a pas fini de nous faire rire

Sous la pression des autres chefs d'Etats européens, Merkel et Sarkozy en tête, le beau Silvio a concocté cette semaine un plan particulièrement ambitieux de réduction de la dette publique italienne:
- une augmentation de l'âge de la retraite à 67 ans, mais à partir de 2026...
- des ventes d'actifs de l'Etat à raison de 5 milliards d'euros par an pendant 3 ans. Par rapport à la dette italienne de 1.900 milliards d'euros, cela représente au total une réduction de la dette de 0,79% sur 3 ans...
Bravo Silvio, les marchés financiers seront impressionnés...

Wednesday, October 26, 2011

La solution à la crise de la dette passe par la BCE

Lisez ce court article de Paul De Grauwe (voir photo), professeur d'économie à la KU Leuven, concernant le rôle primordial que devrait jouer la Banque Centrale Européenne (BCE) dans la résolution de la crise de la dette européenne.
La solution décrite est simple et aurait un effet immédiat permettant de briser le cercle vicieux par lequel la détérioration des finances publiques des Etats européens contamine la situation financière des banques créancières et nécessite une recapitalisation de celles-ci par ces mêmes Etats, ce qui détériore davantage leurs comptes publics, et ainsi de suite...
On en est malheureusement loin pour l'instant : la BCE reste prisonnière du dogme par lequel sa seule et unique mission est de combattre l'inflation. Cette mission doit passer temporairement au second plan de façon à permettre à la BCE de soutenir prioritairement les politiques budgétaires et fiscales des pays européens aux prises avec un endettement massif.
Une révision des statuts de la BCE est urgente. Il en va de la survie de la monnaie unique européenne.

Monday, October 24, 2011

Infographie : les enjeux de la crise de la dette

 

Je vous recommande cette infographie très parlante parue dans le New-York Times qui illustre l'importance des dettes nettes des principaux pays emprunteurs vis-à-vis des banques créancières situées dans d'autres pays.
On voit par exemple que les banques françaises ont une exposition nette considérable sur la dette italienne (366 milliards de $) et espagnole (118 milliards de $).
On voit aussi que l'exposition des banques allemandes est considérablement plus faible, l'Allemagne étant même débitrice nette vis-à-vis des banques italiennes, alors qu'on aurait pu imaginer que c'était au contraire l'Italie, avec sa dette considérable de 1.900 milliards d'euros, qui était débitrice nette vis-à-vis des banques créancières allemandes.

D'une façon générale, on constate que la position des banques françaises est particulièrement délicate en cas de défaut total ou partiel de la Grèce et des débiteurs européens les plus fragiles comme l'Espagne ou l'Italie.

Remarquez aussi l'engagement colossal du Royaume-Uni vis-à-vis des banques allemandes (321 milliards de $) et curieusement des banques espagnoles (326 milliards de $).

La palme reste aux Etats-Unis, avec des dettes considérables, notamment vis-à-vis des banques japonaises (796 milliards de $), mais aussi vis-à-vis des banques anglaises (345 milliards de $), allemandes (324 milliards de $) et françaises (322 milliards de $).

Thursday, October 20, 2011

Une lecture que je vous recommande

Pour approfondir la compréhension de la crise de la dette souveraine, de la crise bancaire européenne qui est inextricablement liée à la première, et de la crise des institutions européennes,  je vous recommande la lecture de cette étude (en anglais) de l'économiste Nicolas Véron (voir photo), Senior Fellow auprès du centre de recherche économique européen Bruegel.

Bonne lecture. N'hésitez pas à poster vos commentaires.

Tuesday, October 18, 2011

Le stress gagne le coeur de la zone euro

Comme le montre le graphe ci-dessus, l'écart entre le taux d'intérêt des emprunts à 10 ans payé par la France et celui payé par l'Allemagne (le "spread", comme on dit dans le jargon) s'est fortement tendu depuis quelques jours au point de revenir vers les niveaux en vigueur en 1992, soit au-delà des 100 points de base (= 100 centièmes de pourcent = 1%).
La France, détenteur du rating AAA, est en effet dans le collimateur des agences de notation qui envisagent une dégradation de sa note.

D'autres pays appartenant au coeur de la zone euro connaissent une situation similaire, à savoir l'Autriche et la Belgique dont le spread vis-à-vis de l'Allemagne est désormais de 245 points de base environ (= 2,45%), en très forte hausse depuis le sauvetage du groupe Dexia.

On est encore loin des niveaux de spread de la Grèce (2.225 points de base) ou du Portugal (988 points de base), mais on se rapproche de l'Italie (386 points de base) ou de l'Espagne (335 points de base).

Pas bon, tout cela.

Sunday, October 16, 2011

Plus que 7 fois dormir

La réunion des ministres des finances du G20 ces 14 et 15 octobre à Paris n'a pas vraiment permis d'en savoir plus sur le plan que les Etats de la zone euro vont présenter lors du sommet européen du 23 octobre prochain.
Ce plan comporte toujours trois volets :
- la recapitalisation des banques européennes pour leur permettre de faire face à de nouveaux chocs tels que des défauts sur la dette de certains Etats ;
- un allègement supplémentaire de l'endettement de la Grèce, qui pourra prendre la forme d'un abandon volontaire des créanciers privés au-delà des 21% convenus lors de l'accord du 21 juillet, voire d'un "haircut" (c'est-à-dire un défaut partiel qui ne constitue pas une restructuration volontaire de certains créanciers)
- une augmentation substantielle des moyens du Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF)

Il est clair que les deux premiers points de ce plan vont requérir un accord avec le secteur bancaire européen, et apparemment, les discussions sont encore loin d'avoir abouti.
Une recapitalisation semble ne pas rencontrer d'enthousiasme de la part des banques, et en tout état de cause, un appel au marché des capitaux est exclu dans les circonstances actuelles. Une recapitalisation via les Etats européens déjà surendettés apparaît comme un non-sens.
De même, l'obtention d'un accord des banques pour étendre la restructuration volontaire négociée en juillet au-delà de 21% est hypothétique alors qu'un "haircut" de la dette de la Grèce ouvrirait la boîte de Pandore des contrats de swaps de défaut de crédits (CDS - Credit Default Swaps), ces contrats d'assurances couvrant le défaut d'un débiteur qui ont été émis en masse par un grand nombre d'acteurs bancaires à travers le monde : en cas de défaut même partiel de la Grèce, les émetteurs de CDS seront appelés à dédommager les créanciers, ce qui pourrait déstabiliser le secteur bancaire dans son ensemble.
Les attentes stratosphériques des marchés bousiers seront-elles rencontrées lors du sommet européen de 23 octobre ? Plus que 7 fois dormir...

Wednesday, October 12, 2011

Quel plan pour recapitaliser les banques ?

Faisons le point ce mercredi 12 octobre concernant le plan de recapitalisation des banques que les autorités européennes sont en train de discuter dans le but de résoudre la crise de la dette dans la zone euro.
Apparemment, selon les informations qui ont filtré ces dernières heures, l'Autorité Bancaire Européenne aurait approuvé le principe d'imposer un ratio de capital de minimum 9% aux banques européennes, soit bien au-delà des 6% ou 7% avancés jusqu'ici.
Elle donnerait un délai de 6 à 9 mois aux banques européennes pour se recapitaliser en conséquence en faisant appel au marché boursier, après quoi une recapitalisation par les gouvernements nationaux et/ou le fonds européen de stabilité (FESF) serait imposée.
Selon les estimations de Morgan Stanley, le besoin total en capital supplémentaire pour les nombreuses banques qui se situent sous ce niveau de 9% de fonds propres serait au total de 275 milliards d'euros, un montant considérable.
Ces questions sont toujours en discussion, l'objectif étant de trouver un accord entre les Etats européens pour la réunion des chefs d'Etats du 23 octobre.
La recapitalisation des banques a pour but d'éviter une débandade du secteur bancaire en cas de défaut total ou partiel de la Grèce. Une question qui devra être débattue est de savoir si les différents Etats seront prioritairement mis à contribution pour financer le cas échéant ces recapitalisations (on estime que la probabilité de faire appel au marché boursier dans les circonstances actuelles est proche de zéro), ou si c'est le FESF qui sera appelé. Des divergences importantes existent entre Allemands et Français sur cette question, les premiers souhaitant que les gouvernements interviennent en premier lieu alors que les seconds privilégient une intervention du FESF pour préserver leur propre rating qui pourrait être menacé.
En parallèle avec ces discussions sur la recapitalisation bancaire, les dirigeants européens envisagent d'organiser un défaut sur une partie de la dette grecque : on parle maintenant de 50% à 60% de cette dette qui pourrait ne pas être remboursée. De nombreuses questions restent en suspend concernant ce "haircut", comme on dit en anglais, notamment la suivante : va-t-il concerner l'ensemble des créanciers de la Grèce (y compris la Banque Centrale Européenne (BCE), le FMI et la Commission Européenne) ou uniquement les créanciers privés, c'est-à-dire les banques ? Pour véritablement soulager la Grèce du fardeau de sa dette, le défaut devrait logiquement concerner l'ensemble des créanciers, y compris les créanciers publics qui portent déjà une part considérable des créances sur la Grèce, ce que la BCE a toujours refusé jusqu'ici.

Conclusions provisoires :
1) les montant envisagés en terme de recapitalisation et de haircut sont très lourds, beaucoup plus lourds qu'estimés jusqu'ici.
2) de nombreuses questions et zones de frictions entre partenaires européens subsistent.
3) la recapitalisation des banques et le haircut de la Grèce vont constituer une charge additionnelle substantielle sur les dettes publiques déjà très excessives des Etats européens. Les pays les plus fragiles (Espagne, Italie, Portugal...) vont-ils pouvoir éviter un effet domino une fois la Grèce sauvée ?
Les semaines à venir vont être cruciales !

Tuesday, October 11, 2011

Panique chez les Ploutocrates (*)

Lisez cet article du professeur d'économie américain Paul Krugman (photo ci-dessus), prix Nobel d'économie en 2008, au sujet du mouvement des protestataires de Wall Street.
Must read !

(*) Ploutocrate : homme caractérisé par sa richesse, sa puissance, son influence

Monday, October 10, 2011

Qui croit encore à ces incantations ?

Mme Merkel et M. Sarkozy se sont rencontrés ce dimanche 9 octobre. Leur réunion a débouché sur une déclaration que l'on peut résumer comme ceci :
1) Nous avons trouvés un accord sur la question de la recapitalisation des banques européennes.
2) Quels sont les termes de cet accord ? Il n'y en a pas : il s'agit d'un accord de principe.
3) Nous nous engageons à trouver un consensus sur cette question au niveau des pays de la zone euro au plus tard lors de la réunion du G20 à Cannes les 3 et 4 novembre 2011.

Que penser de ce genre de déclaration ?
On ressent un grand sentiment de vide. Ce sentiment de vide est d'autant plus grand que le principe même d'une solution globale et européenne à la question de la recapitalisation des banques au sein de la zone euro n'a pas beaucoup de sens, et ce pour deux raisons.

D'abord, parce que toutes les banques européennes ne sont pas exposées avec la même ampleur. L' Allemagne a déjà déclaré que ses banques sont saines, peu exposées et ne doivent pas être recapitalisées. Les banques françaises, par contre, sont bien davantage à risque sur les dettes des pays périphériques, bien qu'elles nient avoir besoin d'une quelconque recapitalisation... Recapitaliser des banques qui n'en ont pas besoin étant une aberration économique, on se trouve devant une problématique qui nécessite une analyse rationnelle et au cas par cas que les stress tests étaient sensés adresser. Le cas de Dexia, qui avait brillamment réussi les derniers stress tests du 15 juillet 2011, montre que la problématique est complexe.

Ensuite, les banques les plus exposées au problème de l'endettement des pays périphériques de la zone euro sont d'abord les banques de ces mêmes pays dont les comptes publics ne permettent aucune marge de manoeuvre en terme d'octroi d'aide ou de recapitalisation. Ces pays devront donc faire appel à la générosité des autres Etats européens et/ou du FMI pour recapitaliser leurs banques. Mais alors, n'est-il pas plus sensé d'aider directement les finances publiques de ces pays plutôt que d'octroyer une aide indirecte à leur système bancaire qui est leur principal créancier ?

Nous voilà donc revenus à la case départ.
Mme Merkel et M. Sarkozy se sont mis eux-même le couteau sous la gorge en s'imposant un calendrier aussi serré pour régler une question aussi délicate et complexe que celle de la recapitalisation des banques et de la solidité du système financier européen. Il y a fort à parier que les grandes incantations de ce dimanche 9 octobre vont accoucher d'une souris lors du sommet du G20 à Cannes et que les marchés vont devoir acter une nouvelle déception.

Thursday, September 22, 2011

La crise de la dette

Ci-dessus les slides d'une conférence que nous avons donnée pour Solvay.Trusted Family le 20 septembre au sujet de la crise de la dette, sujet dont nous n'avons pas fini de parler...

Tuesday, September 13, 2011

Les chiens sont lâchés

Depuis la semaine dernière, des responsables politiques européens parlent ouvertement de possibilité de défaut de la Grèce et du fait qu'elle puisse quitter la zone euro. Nous sommes désormais entrés dans une nouvelle phase de la crise de la dette dans laquelle les dirigeants politiques affichent leur résignation quant à la l'impossibilité de trouver un accord unanime pour faire les sacrifices nécessaires pour sauver la Grèce du chaos.
Les divergences s'affichent au grand jour y compris maintenant au sein de la BCE avec la démission du représentant allemand Jurgen Stark, une manifestation supplémentaire des tensions qui existent quant aux choix fondamentaux qui doivent être faits.
Maintenant que la brèche est ouverte, que les masques sont tombés à propos des vraies intentions de repli national des dirigeants européens (allemands en particulier), qu'est-ce qui empêche le doute de s'installer au sujet du maintien dans la zone euro des autres Etats en difficulté comme le Portugal l'Espagne ou l'Italie ? Les allemands seront-ils plus enclins à faire preuve de solidarité européenne vis-à-vis des Portugais ou des Italiens ? Rien n'est moins certain, et les marchés vont certainement tester cette hypothèse dans les semaines qui viennent.

C'est maintenant le sort de la construction monétaire européenne dans son ensemble qui est en jeu.
Les enjeux sont considérables, en particulier en ce qui concerne la survie des banques créancières des Etats européens endettés.
Car si l'encours de la dette grecque est d'un montant gérable en cas de défaut total ou partiel (345 milliards d'euros), la situation est très différente avec la dette espagnole et surtout italienne, comme le montre la graphique ci-dessus. L'impact d'une défiance accrue vis-à-vis de la dette espagnole et italienne sur les comptes des banques créancières européennes serait un véritable tsunami.
Nous somme partis pour de longs trimestres de crises et de tensions.

Tuesday, September 6, 2011

Lagarde persiste et signe

Christine Lagarde, la nouvelle patronne du FMI, a causé un mini-séisme il y a une dizaine de jours lors de la réunion des banquiers centraux du monde à Jackson Hole en clamant que les banques européennes avaient un besoin urgent d'être recapitalisées, si nécessaire par de l'argent public, pour faire face aux défis qui se trouvent devant elles : le ralentissement économique et les nouvelles détériorations des risques liés aux obligations d'Etats européens qui garnissent largement leurs portefeuilles.
Les propos de Lagarde ont choqué pas mal de responsables politiques et de banquiers européens qui se sont insurgés de ces propos alarmistes et ont réaffirmé la solidité du système bancaire en Europe.
Christine Lagarde remettait ça dans une interview parue lundi 5 septembre dans le journal allemand Der Spiegel : les banques européennes doivent être urgemment recapitalisées.
Ce même 5 septembre, c'est le patron de la Deutsche Bank, Josef Ackermann, qui a déclaré qu'il était évident qu'un bon nombre de banques européennes ne survivraient pas si elles devaient évaluer au prix du marché les obligations souveraines qu'elles détiennent. Curieux de voir ce grand banquier allemand rejoindre sur le fond l'analyse de Christine Lagrade alors qu'il avait lui-même vertement critiqué les propos de cette dernière quelques jours plus tôt en affirmant que le secteur bancaire européen était solide...
Ces propos sont par ailleurs confirmés par une étude du FMI à paraître le 21 septembre, dont le Financial Times a apparemment pu obtenir quelques extraits en primeur, selon laquelle les banques européennes verraient leurs fonds propres fondre de 200 milliards d'euro si elles inscrivaient à leur bilan les obligations d'Etats à leur valeur de marché.
Il est par ailleurs bien certain que la crise de la dette européenne est loin d'être terminée, et la cacophonie des dirigeants européens ainsi que leur attitude de déni face à l'ampleur du problème ne sont pas là pour rassurer. Plus le temps passe, plus les pertes potentielles que le secteur bancaire devra assumer sur les papiers souverains qu'il détient vont augmenter. Les 200 milliards de pertes potentielles chiffrés par le FMI pourraient donc bien être sujets à des révisions à la hausse.
On perçoit par ailleurs que les tensions augmentent nettement dans les transactions entre banques, lesquelles font désormais de plus en plus appel aux lignes de financement mises en place par la BCE pour se financer. Par ailleurs, les banques qui sont dans une situation de trésorerie excédentaire déposent des montants sans cesse croissants au jour le jour auprès de la BCE (167 milliards d'euro la nuit dernière), plutôt que de les prêter à d'autres banques à des taux plus avantageux, signe d'un malaise certain.
Et quel message nous envoie la bourse ? Le graphique ci-dessous est clair : nous sommes quasiment revenus aux niveaux des plus bas de mars 2009 pour les actions du secteur bancaire.
Je pense qu'à ce stade, il faudrait peu de choses pour que ces tensions ne se transmettent aux créanciers des banques, c'est-à-dire aux épargnants qui y ont déposé leurs avoirs, qui pourraient très bien se dire que leur épargne serait peut-être plus en sécurité ailleurs.
Ce phénomène, qu'aucun responsable n'ose évoquer tant il est synonyme de panique généralisée, porte un joli nom en anglais : bank run. Nous n'en sommes peut-être plus tellement loin si les dirigeants politiques européens ne décident pas de s'accorder rapidement sur des actions vigoureuses.
les banques européennes verraient leurs fonds propres chuter de 200 milliards d’euros si elles inscrivaient à leur bilan les obligations des États à leur valeur de marché.
les banques européennes verraient leurs fonds propres chuter de 200 milliards d’euros si elles inscrivaient à leur bilan les obligations des États à leur valeur de marché.
les banques européennes verraient leurs fonds propres chuter de 200 milliards d’euros si elles inscrivaient à leur bilan les obligations des États à leur valeur de marché.
les banques européennes verraient leurs fonds propres chuter de 200 milliards d’euros si elles inscrivaient à leur bilan les obligations des États à leur valeur de marché.
les banques européennes verraient leurs fonds propres chuter de 200 milliards d’euros si elles inscrivaient à leur bilan les obligations des États à leur valeur de marché.

Monday, September 5, 2011

Une fin d'année de tous les dangers

L'environnement macroéconomique s'assombrit de jour en jour en ce début du mois de septembre. Le chiffre des créations d'emploi au mois d'août aux Etats-Unis a mis le feu aux poudres vendredi dernier le 2/09 : alors que les observateurs s'attendaient à voir 68.000 nouvelles créations d'emploi, le chiffre annoncé est de zéro ! Pire, les créations d'emplois des mois de juin et juillet ont été revus sensiblement à la baisse. Pire encore, les autres statistiques publiées comme les heures de travail hebdomadaire prestées ou le salaire horaire moyen sont aussi ressortis plus bas qu'attendu.
Le rapport complet du Bureau du Travail américain est consultable ici.
Suite à ces chiffres importants, la conviction qu'un retour vers une situation de récession pour l'économie US gagne sans cesse plus de partisans.

L'autre front d'inquiétude pour les marchés, à savoir la crise de la dette des pays périphériques de la zone euro, a connu aussi un net assombrissement après quelques jours de calme relatif : des experts de l'Union européenne ont déclaré que la situation budgétaire de la Grèce n'est plus sous contrôle et le ministre des finances grec, M. Venizelos, a reconnu que l'objectif de déficit budgétaire pour 2011 sera dépassé.
Les bourses se sont remises à sombrer et l'or a quasiment retrouvé le niveau record qui était le sien il y a un peu moins de deux semaines, au-dessus de 1900 $ de l'once (voir graphique ci-dessus).
Des experts annoncent que le prix de l'or sera particulièrement soutenu en septembre et jusqu'à la fin de l'année du fait d'un phénomène saisonnier : les achats d'or physique en Inde se concentrent traditionnellement durant les 4 derniers mois de l'année au point que les achats du 4e trimestre sont traditionnellement deux à trois fois plus importants qu'au 1er ou au 2ème trimestre.
L'or n'aura pas besoin de cela, à mon avis, pour atteindre rapidement le niveau de 2000 $ : les défis et les incertitudes qui planent sur les économies des pays développés se chargeront du travail.

Thursday, September 1, 2011

Récession dans le secteur manufacturier en Europe

L'activité manufacturière dans la zone euro est retombée sous le niveau de 50 en août, ce qui signifie une contraction du niveau d'activité, autrement dit une récession.
Ce chiffre confirme une série de statistiques et d'indicateurs très négatifs qui ont été publiés depuis le début de l'été dans les économies dites avancées et qui font craindre un retour en récession.
On peut observer que l'Allemagne, qui a joué le rôle de poumon de l'économie européenne depuis près de 2 ans, a aussi subi un sévère ralentissement de l'activité manufacturière, l'indice PMI se maintenant cependant dans la zone positive à 50.9, le plus haut niveau parmi les pays de la zone euro. La Grèce occupe la lanterne rouge avec un indice manufacturier à 43.3 indiquant une très forte contraction.
Les chiffres et les commentaires complets sur l'activité manufacturière sont accessibles ici.
Ce jeudi après-midi sera publié le chiffre très attendu de l'indice ISM manufacturier aux Etats-Unis pour le mois d'août, attendu à 48.5, indiquant également une contraction de l'activité.
Les probabilités de retour dans une situation de récession pour les économies des pays développés augmentent donc sans cesse. Si c'est le cas, il faudra s'attendre à une poursuite de la vague de correction des bourses en septembre et/ou en octobre.
Keep your seatbelt fastened....

Saturday, August 6, 2011

Récit d'une semaine boursière affreuse

Le mois d'août vient de débuter. Les vacanciers profitent de douces vacances bien méritées.
Pendant ce temps, les marchés boursiers sont chahutés comme rarement ils l'ont été, angoissés à la fois par les sombres perspectives d'une contagion des problèmes d'endettement des pays de la zone euro et par les très mauvais chiffres macroéconomiques publiés ces derniers jours qui font craindre un prochain retour des Etats-Unis en récession. Sur la semaine écoulée, les bourses européennes et américaines ont abondonné environ 10% de leur valeur.
L'article ci-joint, publié dans le Wall Street Jounal, relate cette semaine éprouvante pour les nerfs des investisseurs qui vient de se terminer en apothéose avec l'annonce de l'agence de notation Standard & Poors, publiée après la clôture de ce vendredi 5 août, qu'elle dégrade la note de la dette des Etats-Unis de AAA à AA+. Dans sa note, S&P déclare que le Trésor américain ne mérite plus de faire partie des investissements les plus sûrs dans le monde.
La semaine à venir s'annonce mouvementée. Il est difficile à ce stade d'évaluer les conséquences de cette dégradation. Elle pourrait entraîner des dégradations en cascade d'autres débiteurs étatiques et privés et entraîner une hausse du coût du crédit à travers le monde, ce qui serait bien entendu une très mauvaise nouvelle pour les marchés. Une chose est certaine : les marchés financiers vont aborder la seconde semaine du mois d'août avec un niveau d'incertitude accru, ce dont ils n'avaient certainement pas besoin.

Thursday, July 28, 2011

La conjoncture économique fléchit en Europe

Les indicateurs économiques publiés ces dernières semaines convergent clairement en direction d'un fléchissement de la conjoncture économique en Europe et dans la zone euro en particulier. Cet excellent article publié par Edward Hugh brosse un intéressant tableau de la situation. Il souligne la position délicate dans laquelle se trouve la Banque Centrale Européenne qui a enclenché la remontée progressive de son taux d'intérêt directeur depuis le mois d'avril 2011 et qui se retrouve aujourd'hui à contre-courant d'une conjoncture qui faiblit.
Ce matin, la Commission Européenne confirme la tendance en publiant son indicateur de confiance des consommateurs et des chefs d'entreprise dans la zone euro qui est retombé à son niveau d'il y a un an.

Cette situation va bien entendu compliquer encore un peu plus le problème d'endettement des Etats de l'Union Européenne : l'affaiblissement du regain de croissance que nous avons connu depuis la mi-2009 va mettre les rentrées fiscales sous pression alors que les dépenses dans le secteur des prestations sociales vont croître, ce qui va creuser encore davantage les déficits publics.
Pas une bonne nouvelle...

Friday, July 22, 2011

Vous connaissez Willem Buiter ?

Voici le commentaire que je trouve le plus plein de bon sens (et d'humour) concernant les accords européens d'hier. Il provient de Willem Buiter, chief economist chez Citigroup, et ancien membre du comité de politique monétaire de la Banque d'Angleterre. Il s'agit d'une interview diffusée sur Bloomberg TV et disponible en cliquant ici.

Et voici l'accord européen

Pour le texte complet, c'est ici. Reste à en mesurer les conséquences sur les marchés qui ne manqueront d'en tester la solidité dans les prochains jours.

Wednesday, July 20, 2011

Le 21 juillet 2011, jour J pour l'Europe ?

Demain, 21 juillet 2011, les chefs d'Etats et de gouvernements européens vont (enfin) se réunir pour tenter d'apporter des réponses aux défis auxquels font face les pays "périphériques" de la zone euro et qui font vaciller la construction européenne et les marchés financiers.
C'est un euphémisme de dire que les attentes nées de ce sommet européen sont immenses : les marchés espèrent que les européens vont se mettre d'accord sur LA solution qui va assurer le financement de la Grèce et des autres pays en difficultés (Portugal et Irlande) pour les années à venir et qui va mettre fin à la contagion qui a débuté en direction de l'Italie.
Vont-ils parvenir à sortir de leur chapeau la solution durable et crédible qui évite d'une part un défaut total ou partiel de la Grèce (avec les conséquences très dommageables que cela peut avoir sur le système bancaire notamment) et qui permet d'autre part aux dirigeants politiques européens, comme Mme Merkel, de sauver leur peau devant leur électorat national prêt à les flinguer au cas où ils donneraient l'impression d'avoir offert l'argent de leurs concitoyens pour sauver les mauvais élèves de la classe ?
Franchement, après les tergiversations et la cacophonie de ces dernières semaines, on peut en douter.
Le scénario le plus probable, à notre avis, est qu'un compromis bancal va se dégager tant bien que mal, mais que celui-ci sera loin d'être suffisant pour calmer les marchés financiers qui attendent une solution durable et crédible.
Le temps du politique n'est pas le temps des marchés : les derniers vont très vite alors que les premiers progressent au ralenti. Surtout que la tâche est terriblement complexe et les contraintes très nombreuses pour les dirigeants européens qui ne peuvent se fonder sur des institutions adéquates pour traiter les défis présents. L'Europe politique a besoin de temps. Un temps que les marchés ne leur donne pas.
Suite au prochain numéro...

Monday, July 18, 2011

Un nouveau plan Marshall pour la Grèce

Je vous recommande cet article du professeur d'économie à l'Université de Berkeley Barry Eichengreen (voir photo).
Il explicite dans quelle mesure le plan d'aide actuellement mis en place par l'Union Européenne et le FMI est un non-sens, et il propose une piste de solution ambitieuse : un nouveau plan Marshall pour la Grèce.
Comme le dit Eichengreen, une telle piste va nécessiter un ingrédient qui a jusqu'ici fait cruellement défaut aux dirigeants européens : le leadership !
Mais plus la situation devient grave et dangereuse pour la construction européenne, plus on peut espérer que le réveil de l'Europe viendra.

Wednesday, July 13, 2011

Comme la bille d'un jeu de flipper

Les marchés financiers de ces derniers jours me font penser à la bille d'un jeu de flipper qui change brutalement de direction dès qu'elle touche un obstacle.

Et les obstacles s'accumulent.
Il y a bien entendu la question des dettes des pays périphériques de la zone euro, avec l'Italie qui est entrée dans l'oeil du cyclône des marchés, en attendant probablement le tour de l'Espagne.
Il y a ensuite le début de la saison des publications des résultats des sociétés au 2e trimestre qui a débuté cette semaine aux Etats-Unis et qui pourront entraîner des changements de directions selon que les résultats et surtout les guidances pour les prochaines trimestres seront supérieures ou inférieures aux prévisions.
Il y aura ce vendredi 15 juillet la publication des résultats des stress-tests des banques européennes, qui pourront révéler des surprises.
Et cerise sur le gâteau, l'agence Moodys vient de placer ce soir la dette des Etats-Unis sous surveillance négative du fait d'un risque croissant de défaut.

Autant de nouvelles et de développements majeurs qui viennent se téléscoper et dont il est bien difficile de tirer une autre synthèse que la suivante :
- la volatilité et la nervosité des marchés va probablement atteindre des sommets durant cette semaine.
- une prudence redoublée s'impose.

Et que fait l'or dans ce tohu-bohu ? 1.585 $ de l'once, en hausse de 2.60% depuis ce lundi 11/07...

Monday, July 4, 2011

La note Di Rupo sur la fiscalité de l'épargne : ça va faire très mal..

Si la note du formateur Elio Di Rupo publiée ce lundi 4 juillet est adoptée par le prochain gouvernement, cela va faire très mal aux épargnants belges.
Voyez plutôt :

1) Hausse du précompte mobilier sur les revenus d'intérêts de 15% à 20%. Il fallait s'y attendre. C'est facile et ça va rapporter gros aux recettes de l'Etat. Seuls les intérêts produits par les populaires comptes d'épargne vont continuer à bénéficier du taux de précompte ancien de 15%, avec maintien de l'exonération de la première tranche d'intérêts de 1.770 € par an (mais via la déclaration fiscale, et non plus directement).

2) Harmonisation du précompte mobilier sur les dividendes à 25% pour toutes les entreprises. Fin donc du régime de 15% qui était applicable précédemment dans certains cas.

3) La fin d'une époque dorée : les plus-values réalisées sur les ventes d'actions et titres qui ont lieu endéans un délai de 1 an à 8 ans après la date de leur acquisition seront taxées à 25%. Si les ventes ont lieu durant la 1ère année, la taxation sera de 50%! C'est énorme. Les moins-values ne pourraient pas être systématiquement déduites mais pourraient être imputées sur les plus-values imposables.

4) La fiscalité de tous les produits de placements, quelle que soit leur forme juridique, sera alignée sur celle applicable aux intérêts et dividendes. Comme je comprends les choses, cela signifierait par exemple que les dividendes encaissés au sein d'une SICAV d'actions par exemple seraient taxés au taux de 25% et cette taxation viendrait amputer la Valeur Nette d'Inventaire de la SICAV.

5) Last but not least: les patrimoines dépassant 1,25 million d'euros, hors la maison d'habitation et le patrimoine affecté à l'activité professionnelle, seront taxé à hauteur de 0,50% par an au titre de cotisation temporaire de crise. Voici donc l'entrée en vigueur de l'impôt sur le patrimoine...

Dur si ce projet est adopté par la prochaine coalition ! La note Di Rupo dans son intégralité est consultable ici.
Suite au prochain numéro.

Friday, July 1, 2011

Equity markets at a crossroads

Une intéressante analyse de Guy Wagner, Chief Economist chez Banque de Luxembourg :
Equity markets at a crossroads

Thursday, June 30, 2011

Pourquoi l’or est-il un “must” dans votre portefeuille ?

L’or connaît un regain d’attrait considérable depuis le début des années 2000, après une longue période durant laquelle il a été délaissé par les investisseurs et par les banques centrales de pays développés.

Les raisons qui poussent le prix de l’or à la hausse viennent fondamentalement de la perte de crédibilité des deux devises internationales :
Le dollar US : les réponses apportées par les Etats-Unis à la crise financière de 2008 ont consisté à baisser les taux d’intérêts, à accroître de façon explosive l’endettement de l’Etat, et à mettre une énorme quantité de dollars en circulation. Cette politique laxiste sur le plan monétaire et sur le plan budgétaire engendre des doutes quant à la crédibilité du dollar en tant que devise de réserve internationale et peut mener à une forte hausse de l’inflation.
L’euro : la crise de la dette des pays périphériques de la zone euro a mis en lumière la fragilité fondamentale de la monnaie unique qui n’est pas sous-tendue par des politiques économiques, fiscales et budgétaires coordonnées des Etats membres. Les divergences croissantes au sein de la zone euro et le manque de leadership au niveau européen mettent en péril la crédibilité à long terme de la devise européenne.

Les agents économiques qui détiennent des excédents de liquidités cherchent donc à diversifier leurs réserves et voient dans l’or un actif permettant de se prémunir contre une baisse de valeur attendue des deux principales monnaies-papier. Ainsi, les Banques Centrales de la plupart des pays émergents sont devenues des acheteurs nets d’or depuis plusieurs trimestres.

De plus, la faible croissance économique qui est anticipée aux Etats-Unis comme en Europe pour les prochaines années laisse penser que les politiques monétaies de la FED et de la BCE resteront globalement accomodantes, ce qui est un contexte favorable pour l’or qui ne rapporte pas d’intérêt et dont le coût d’opportunité dans un environnement de taux d’intérêts réels faibles (voire négatifs) est minime.

Par ailleurs, l’or est toujours une valeur refuge en cas de tensions sociales ou en cas de tensions géopolitiques qui peuvent éclater par exemple au Proche-Orient ou en Asie.

Enfin, les populations de certains grands pays émergents comme la Chine et l’Inde sont très friandes d’or de joaillerie et d’or d’investissement (voire graphique). Il est très probable que, dans les prochaines années, l’épargne croissante de ces populations va se diriger de façon non-négligeable vers l’or dont la production au niveau mondial reste limitée et de plus en plus coûteuse, et dont la part globale dans l’épargne gérée au niveau mondial est encore très faible (à peine 1% fin 2009 selon le FMI).

Tous les éléments cités ci-dessus ne sont pas des phénomènes passagers. Ils vont très probablement marquer nos économies pour plusieurs années, ce qui donne à penser que le marché haussier de l’or est loin d’être terminé.

Tuesday, June 28, 2011

Monday, June 20, 2011

Grèce : chronique d'une catastrophe annoncée


(Ci-dessus, le graphe de l'évolution des taux des emprunts de l'Etat grec à 2 ans).

Les développements de ce week-end concernant la crise grecque devraient être de nature à inquiéter les marchés financiers.

D'un côté, les ministres des finances de la zone euro, réunis à Luxembourg, en restent à des déclarations tièdes confirmant leur volonté de continuer à aider la Grèce pour autant que les créanciers de la Grèce contribuent significativement à l'effort de manière "volontaire", cela veut dire en acceptant une certaine forme de restructuration, mais sans que celle-ci soit assimilée à un défaut (admirez les efforts de contorsion...). Et par ailleurs, pour autant bien entendu que le gouvernement grec soit en mesure d'implémenter les mesures d'austérité qui vont accompagner cette aide.

D'un autre côté, après avoir remanié son gouvernement, le premier ministre Papandreou tente de resserrer les rangs de sa (très courte) majorité au parlement pour faire passer les nouvelles mesures d'austérité à venir et annonce un referendum pour l'automne.

Un referendum !
Alors que la population est dans la rue pour manifester sa colère et exprimer son rejet de la classe politique, de la mauvaise gestion publique de ces dernières décennies et des diktats du FMI et de l'Union Européenne, l'idée est maintenant de permettre au peuple grec de s'exprimer par voie de referendum...
Si c'est une très bonne chose pour la démocratie, cela pourrait être une catastrophe dans l'optique de trouver un consensus national en vue de résoudre les problèmes financiers du pays.

Le cercle vicieux de la tragédie grecque continue. Les marchés financiers vont continuer à dévisser tant que des plans clairs et crédibles ne sont pas sur la table.
Et on en est loin.

Que fait la bourse ce lundi matin ? -1.50% sur l'EuroStoxx 50...

Wednesday, June 15, 2011

La Grèce en crise

Une journée noire pour la Grèce aujourd'hui : grève générale, manifestations violentes contre les plans d'austérité du gouvernement et le premier ministre Papandreou qui propose de saborder son gouvernement et demande à l'opposition de former un nouveau gouvernement d'unité nationale pour faire face à la crise.
Si l'opposition refuse, ou si l'élaboration d'un programme commun s'avère impossible, une crise politique viendra se superposer à la crise financière.
Et pour couronner le tout, l'agence de notation Standard & Poors dégrade de trois crans la note de 4 banques grecques.

Résultat : l'euro s'enfonce vis-à-vis du dollar (voir graphique), passant en 24 heures de 1.4475 à 1.4225.
L'été sera chaud pour la zone euro.

Tuesday, June 7, 2011

La zone euro 9 mois plus tard


En septembre 2010, je publiais un post sur la situation de la zone euro illustré par un graphique de l'évolution du taux à 10 ans des obligations de l'Etat irlandais.
A ce moment-là, le 28 septembre 2010 très exactement, ce taux était de 6,769%.
Presque 9 mois plus tard, voici ce même graphique qui indique un taux des obligations émises par l'Irlande à 10,774%, soit 400 points de base de plus.

Entretemps, c'est-à-dire en décembre 2010, l'Irlande a reçu un plan d'aide supplémentaire de l'Union Européenne et du FMI de 85 milliards d'euros.
L'Irlande a aussi un nouveau gouvernement depuis mars 2011.

Apparemment, les investisseurs sont loin d'être convaincus que ce nouveau plan d'aide et ce nouveau gouvernement vont améliorer la situation : le taux de rendement exigé pour prêter de l'argent à l'Etat irlandais connaît une hausse ininterrompue depuis un an.

Les marchés financiers semblent nous faire comprendre qu'ils estiment que la méthode qui consiste à donner de l'aide financière à un Etat endetté en échange d'un plan d'austérité drastique n'est pas la bonne. Ils pensent que l'austérité va engendrer un ralentissement de la croissance économique et donc une baisse des recettes fiscales et par conséquent un gonflement du déficit public et de la dette, et qu'il ne restera plus ensuite qu'à accorder un nouveau plan d'aide financière...

Cette situation, également valable pour la Grèce, le Portugal et probablement bientôt pour l'Espagne, est un non-sens absolu.
Les pays endettés de la zone euro ont besoin de temps pour mettre en place des réformes profondes visant à moderniser l'économie, à améliorer la compétitivité, à réformer le système fiscal, à réformer le système éducatif et le marché du travail. Ce sont des chantiers de 10 à 20 ans.
Or l'horizon de temps imposé par le FMI et l'Union Européenne pour améliorer la situation des finances publiques est de 2 à 3 ans. Avec un tel horizon, il n'est pas envisageable de mener des politiques visant à une amélioration durable : seule l'austérité budgétaire est envisageable (diminuer les dépenses et/ou augmenter les impôts), ce qui plonge ces pays dans le cercle vicieux de la déflation menant finalement à une impasse budgétaire mais aussi sociale.

Les marchés obligataires ne s'y trompent pas.
Attention à l'explosion !

Wednesday, June 1, 2011

Fareed Zakaria parle de son livre : The Post American World version 2.0

Suivez Fareed Zakaria au sujet de la situation économique et politique de notre planète. Absolument passionnant !