Thursday, June 30, 2011

Pourquoi l’or est-il un “must” dans votre portefeuille ?

L’or connaît un regain d’attrait considérable depuis le début des années 2000, après une longue période durant laquelle il a été délaissé par les investisseurs et par les banques centrales de pays développés.

Les raisons qui poussent le prix de l’or à la hausse viennent fondamentalement de la perte de crédibilité des deux devises internationales :
Le dollar US : les réponses apportées par les Etats-Unis à la crise financière de 2008 ont consisté à baisser les taux d’intérêts, à accroître de façon explosive l’endettement de l’Etat, et à mettre une énorme quantité de dollars en circulation. Cette politique laxiste sur le plan monétaire et sur le plan budgétaire engendre des doutes quant à la crédibilité du dollar en tant que devise de réserve internationale et peut mener à une forte hausse de l’inflation.
L’euro : la crise de la dette des pays périphériques de la zone euro a mis en lumière la fragilité fondamentale de la monnaie unique qui n’est pas sous-tendue par des politiques économiques, fiscales et budgétaires coordonnées des Etats membres. Les divergences croissantes au sein de la zone euro et le manque de leadership au niveau européen mettent en péril la crédibilité à long terme de la devise européenne.

Les agents économiques qui détiennent des excédents de liquidités cherchent donc à diversifier leurs réserves et voient dans l’or un actif permettant de se prémunir contre une baisse de valeur attendue des deux principales monnaies-papier. Ainsi, les Banques Centrales de la plupart des pays émergents sont devenues des acheteurs nets d’or depuis plusieurs trimestres.

De plus, la faible croissance économique qui est anticipée aux Etats-Unis comme en Europe pour les prochaines années laisse penser que les politiques monétaies de la FED et de la BCE resteront globalement accomodantes, ce qui est un contexte favorable pour l’or qui ne rapporte pas d’intérêt et dont le coût d’opportunité dans un environnement de taux d’intérêts réels faibles (voire négatifs) est minime.

Par ailleurs, l’or est toujours une valeur refuge en cas de tensions sociales ou en cas de tensions géopolitiques qui peuvent éclater par exemple au Proche-Orient ou en Asie.

Enfin, les populations de certains grands pays émergents comme la Chine et l’Inde sont très friandes d’or de joaillerie et d’or d’investissement (voire graphique). Il est très probable que, dans les prochaines années, l’épargne croissante de ces populations va se diriger de façon non-négligeable vers l’or dont la production au niveau mondial reste limitée et de plus en plus coûteuse, et dont la part globale dans l’épargne gérée au niveau mondial est encore très faible (à peine 1% fin 2009 selon le FMI).

Tous les éléments cités ci-dessus ne sont pas des phénomènes passagers. Ils vont très probablement marquer nos économies pour plusieurs années, ce qui donne à penser que le marché haussier de l’or est loin d’être terminé.

Tuesday, June 28, 2011

Monday, June 20, 2011

Grèce : chronique d'une catastrophe annoncée


(Ci-dessus, le graphe de l'évolution des taux des emprunts de l'Etat grec à 2 ans).

Les développements de ce week-end concernant la crise grecque devraient être de nature à inquiéter les marchés financiers.

D'un côté, les ministres des finances de la zone euro, réunis à Luxembourg, en restent à des déclarations tièdes confirmant leur volonté de continuer à aider la Grèce pour autant que les créanciers de la Grèce contribuent significativement à l'effort de manière "volontaire", cela veut dire en acceptant une certaine forme de restructuration, mais sans que celle-ci soit assimilée à un défaut (admirez les efforts de contorsion...). Et par ailleurs, pour autant bien entendu que le gouvernement grec soit en mesure d'implémenter les mesures d'austérité qui vont accompagner cette aide.

D'un autre côté, après avoir remanié son gouvernement, le premier ministre Papandreou tente de resserrer les rangs de sa (très courte) majorité au parlement pour faire passer les nouvelles mesures d'austérité à venir et annonce un referendum pour l'automne.

Un referendum !
Alors que la population est dans la rue pour manifester sa colère et exprimer son rejet de la classe politique, de la mauvaise gestion publique de ces dernières décennies et des diktats du FMI et de l'Union Européenne, l'idée est maintenant de permettre au peuple grec de s'exprimer par voie de referendum...
Si c'est une très bonne chose pour la démocratie, cela pourrait être une catastrophe dans l'optique de trouver un consensus national en vue de résoudre les problèmes financiers du pays.

Le cercle vicieux de la tragédie grecque continue. Les marchés financiers vont continuer à dévisser tant que des plans clairs et crédibles ne sont pas sur la table.
Et on en est loin.

Que fait la bourse ce lundi matin ? -1.50% sur l'EuroStoxx 50...

Wednesday, June 15, 2011

La Grèce en crise

Une journée noire pour la Grèce aujourd'hui : grève générale, manifestations violentes contre les plans d'austérité du gouvernement et le premier ministre Papandreou qui propose de saborder son gouvernement et demande à l'opposition de former un nouveau gouvernement d'unité nationale pour faire face à la crise.
Si l'opposition refuse, ou si l'élaboration d'un programme commun s'avère impossible, une crise politique viendra se superposer à la crise financière.
Et pour couronner le tout, l'agence de notation Standard & Poors dégrade de trois crans la note de 4 banques grecques.

Résultat : l'euro s'enfonce vis-à-vis du dollar (voir graphique), passant en 24 heures de 1.4475 à 1.4225.
L'été sera chaud pour la zone euro.

Tuesday, June 7, 2011

La zone euro 9 mois plus tard


En septembre 2010, je publiais un post sur la situation de la zone euro illustré par un graphique de l'évolution du taux à 10 ans des obligations de l'Etat irlandais.
A ce moment-là, le 28 septembre 2010 très exactement, ce taux était de 6,769%.
Presque 9 mois plus tard, voici ce même graphique qui indique un taux des obligations émises par l'Irlande à 10,774%, soit 400 points de base de plus.

Entretemps, c'est-à-dire en décembre 2010, l'Irlande a reçu un plan d'aide supplémentaire de l'Union Européenne et du FMI de 85 milliards d'euros.
L'Irlande a aussi un nouveau gouvernement depuis mars 2011.

Apparemment, les investisseurs sont loin d'être convaincus que ce nouveau plan d'aide et ce nouveau gouvernement vont améliorer la situation : le taux de rendement exigé pour prêter de l'argent à l'Etat irlandais connaît une hausse ininterrompue depuis un an.

Les marchés financiers semblent nous faire comprendre qu'ils estiment que la méthode qui consiste à donner de l'aide financière à un Etat endetté en échange d'un plan d'austérité drastique n'est pas la bonne. Ils pensent que l'austérité va engendrer un ralentissement de la croissance économique et donc une baisse des recettes fiscales et par conséquent un gonflement du déficit public et de la dette, et qu'il ne restera plus ensuite qu'à accorder un nouveau plan d'aide financière...

Cette situation, également valable pour la Grèce, le Portugal et probablement bientôt pour l'Espagne, est un non-sens absolu.
Les pays endettés de la zone euro ont besoin de temps pour mettre en place des réformes profondes visant à moderniser l'économie, à améliorer la compétitivité, à réformer le système fiscal, à réformer le système éducatif et le marché du travail. Ce sont des chantiers de 10 à 20 ans.
Or l'horizon de temps imposé par le FMI et l'Union Européenne pour améliorer la situation des finances publiques est de 2 à 3 ans. Avec un tel horizon, il n'est pas envisageable de mener des politiques visant à une amélioration durable : seule l'austérité budgétaire est envisageable (diminuer les dépenses et/ou augmenter les impôts), ce qui plonge ces pays dans le cercle vicieux de la déflation menant finalement à une impasse budgétaire mais aussi sociale.

Les marchés obligataires ne s'y trompent pas.
Attention à l'explosion !

Wednesday, June 1, 2011

Fareed Zakaria parle de son livre : The Post American World version 2.0

Suivez Fareed Zakaria au sujet de la situation économique et politique de notre planète. Absolument passionnant !