Thursday, July 28, 2011

La conjoncture économique fléchit en Europe

Les indicateurs économiques publiés ces dernières semaines convergent clairement en direction d'un fléchissement de la conjoncture économique en Europe et dans la zone euro en particulier. Cet excellent article publié par Edward Hugh brosse un intéressant tableau de la situation. Il souligne la position délicate dans laquelle se trouve la Banque Centrale Européenne qui a enclenché la remontée progressive de son taux d'intérêt directeur depuis le mois d'avril 2011 et qui se retrouve aujourd'hui à contre-courant d'une conjoncture qui faiblit.
Ce matin, la Commission Européenne confirme la tendance en publiant son indicateur de confiance des consommateurs et des chefs d'entreprise dans la zone euro qui est retombé à son niveau d'il y a un an.

Cette situation va bien entendu compliquer encore un peu plus le problème d'endettement des Etats de l'Union Européenne : l'affaiblissement du regain de croissance que nous avons connu depuis la mi-2009 va mettre les rentrées fiscales sous pression alors que les dépenses dans le secteur des prestations sociales vont croître, ce qui va creuser encore davantage les déficits publics.
Pas une bonne nouvelle...

Friday, July 22, 2011

Vous connaissez Willem Buiter ?

Voici le commentaire que je trouve le plus plein de bon sens (et d'humour) concernant les accords européens d'hier. Il provient de Willem Buiter, chief economist chez Citigroup, et ancien membre du comité de politique monétaire de la Banque d'Angleterre. Il s'agit d'une interview diffusée sur Bloomberg TV et disponible en cliquant ici.

Et voici l'accord européen

Pour le texte complet, c'est ici. Reste à en mesurer les conséquences sur les marchés qui ne manqueront d'en tester la solidité dans les prochains jours.

Wednesday, July 20, 2011

Le 21 juillet 2011, jour J pour l'Europe ?

Demain, 21 juillet 2011, les chefs d'Etats et de gouvernements européens vont (enfin) se réunir pour tenter d'apporter des réponses aux défis auxquels font face les pays "périphériques" de la zone euro et qui font vaciller la construction européenne et les marchés financiers.
C'est un euphémisme de dire que les attentes nées de ce sommet européen sont immenses : les marchés espèrent que les européens vont se mettre d'accord sur LA solution qui va assurer le financement de la Grèce et des autres pays en difficultés (Portugal et Irlande) pour les années à venir et qui va mettre fin à la contagion qui a débuté en direction de l'Italie.
Vont-ils parvenir à sortir de leur chapeau la solution durable et crédible qui évite d'une part un défaut total ou partiel de la Grèce (avec les conséquences très dommageables que cela peut avoir sur le système bancaire notamment) et qui permet d'autre part aux dirigeants politiques européens, comme Mme Merkel, de sauver leur peau devant leur électorat national prêt à les flinguer au cas où ils donneraient l'impression d'avoir offert l'argent de leurs concitoyens pour sauver les mauvais élèves de la classe ?
Franchement, après les tergiversations et la cacophonie de ces dernières semaines, on peut en douter.
Le scénario le plus probable, à notre avis, est qu'un compromis bancal va se dégager tant bien que mal, mais que celui-ci sera loin d'être suffisant pour calmer les marchés financiers qui attendent une solution durable et crédible.
Le temps du politique n'est pas le temps des marchés : les derniers vont très vite alors que les premiers progressent au ralenti. Surtout que la tâche est terriblement complexe et les contraintes très nombreuses pour les dirigeants européens qui ne peuvent se fonder sur des institutions adéquates pour traiter les défis présents. L'Europe politique a besoin de temps. Un temps que les marchés ne leur donne pas.
Suite au prochain numéro...

Monday, July 18, 2011

Un nouveau plan Marshall pour la Grèce

Je vous recommande cet article du professeur d'économie à l'Université de Berkeley Barry Eichengreen (voir photo).
Il explicite dans quelle mesure le plan d'aide actuellement mis en place par l'Union Européenne et le FMI est un non-sens, et il propose une piste de solution ambitieuse : un nouveau plan Marshall pour la Grèce.
Comme le dit Eichengreen, une telle piste va nécessiter un ingrédient qui a jusqu'ici fait cruellement défaut aux dirigeants européens : le leadership !
Mais plus la situation devient grave et dangereuse pour la construction européenne, plus on peut espérer que le réveil de l'Europe viendra.

Wednesday, July 13, 2011

Comme la bille d'un jeu de flipper

Les marchés financiers de ces derniers jours me font penser à la bille d'un jeu de flipper qui change brutalement de direction dès qu'elle touche un obstacle.

Et les obstacles s'accumulent.
Il y a bien entendu la question des dettes des pays périphériques de la zone euro, avec l'Italie qui est entrée dans l'oeil du cyclône des marchés, en attendant probablement le tour de l'Espagne.
Il y a ensuite le début de la saison des publications des résultats des sociétés au 2e trimestre qui a débuté cette semaine aux Etats-Unis et qui pourront entraîner des changements de directions selon que les résultats et surtout les guidances pour les prochaines trimestres seront supérieures ou inférieures aux prévisions.
Il y aura ce vendredi 15 juillet la publication des résultats des stress-tests des banques européennes, qui pourront révéler des surprises.
Et cerise sur le gâteau, l'agence Moodys vient de placer ce soir la dette des Etats-Unis sous surveillance négative du fait d'un risque croissant de défaut.

Autant de nouvelles et de développements majeurs qui viennent se téléscoper et dont il est bien difficile de tirer une autre synthèse que la suivante :
- la volatilité et la nervosité des marchés va probablement atteindre des sommets durant cette semaine.
- une prudence redoublée s'impose.

Et que fait l'or dans ce tohu-bohu ? 1.585 $ de l'once, en hausse de 2.60% depuis ce lundi 11/07...

Monday, July 4, 2011

La note Di Rupo sur la fiscalité de l'épargne : ça va faire très mal..

Si la note du formateur Elio Di Rupo publiée ce lundi 4 juillet est adoptée par le prochain gouvernement, cela va faire très mal aux épargnants belges.
Voyez plutôt :

1) Hausse du précompte mobilier sur les revenus d'intérêts de 15% à 20%. Il fallait s'y attendre. C'est facile et ça va rapporter gros aux recettes de l'Etat. Seuls les intérêts produits par les populaires comptes d'épargne vont continuer à bénéficier du taux de précompte ancien de 15%, avec maintien de l'exonération de la première tranche d'intérêts de 1.770 € par an (mais via la déclaration fiscale, et non plus directement).

2) Harmonisation du précompte mobilier sur les dividendes à 25% pour toutes les entreprises. Fin donc du régime de 15% qui était applicable précédemment dans certains cas.

3) La fin d'une époque dorée : les plus-values réalisées sur les ventes d'actions et titres qui ont lieu endéans un délai de 1 an à 8 ans après la date de leur acquisition seront taxées à 25%. Si les ventes ont lieu durant la 1ère année, la taxation sera de 50%! C'est énorme. Les moins-values ne pourraient pas être systématiquement déduites mais pourraient être imputées sur les plus-values imposables.

4) La fiscalité de tous les produits de placements, quelle que soit leur forme juridique, sera alignée sur celle applicable aux intérêts et dividendes. Comme je comprends les choses, cela signifierait par exemple que les dividendes encaissés au sein d'une SICAV d'actions par exemple seraient taxés au taux de 25% et cette taxation viendrait amputer la Valeur Nette d'Inventaire de la SICAV.

5) Last but not least: les patrimoines dépassant 1,25 million d'euros, hors la maison d'habitation et le patrimoine affecté à l'activité professionnelle, seront taxé à hauteur de 0,50% par an au titre de cotisation temporaire de crise. Voici donc l'entrée en vigueur de l'impôt sur le patrimoine...

Dur si ce projet est adopté par la prochaine coalition ! La note Di Rupo dans son intégralité est consultable ici.
Suite au prochain numéro.

Friday, July 1, 2011

Equity markets at a crossroads

Une intéressante analyse de Guy Wagner, Chief Economist chez Banque de Luxembourg :
Equity markets at a crossroads