Thursday, September 22, 2011

La crise de la dette

Ci-dessus les slides d'une conférence que nous avons donnée pour Solvay.Trusted Family le 20 septembre au sujet de la crise de la dette, sujet dont nous n'avons pas fini de parler...

Tuesday, September 13, 2011

Les chiens sont lâchés

Depuis la semaine dernière, des responsables politiques européens parlent ouvertement de possibilité de défaut de la Grèce et du fait qu'elle puisse quitter la zone euro. Nous sommes désormais entrés dans une nouvelle phase de la crise de la dette dans laquelle les dirigeants politiques affichent leur résignation quant à la l'impossibilité de trouver un accord unanime pour faire les sacrifices nécessaires pour sauver la Grèce du chaos.
Les divergences s'affichent au grand jour y compris maintenant au sein de la BCE avec la démission du représentant allemand Jurgen Stark, une manifestation supplémentaire des tensions qui existent quant aux choix fondamentaux qui doivent être faits.
Maintenant que la brèche est ouverte, que les masques sont tombés à propos des vraies intentions de repli national des dirigeants européens (allemands en particulier), qu'est-ce qui empêche le doute de s'installer au sujet du maintien dans la zone euro des autres Etats en difficulté comme le Portugal l'Espagne ou l'Italie ? Les allemands seront-ils plus enclins à faire preuve de solidarité européenne vis-à-vis des Portugais ou des Italiens ? Rien n'est moins certain, et les marchés vont certainement tester cette hypothèse dans les semaines qui viennent.

C'est maintenant le sort de la construction monétaire européenne dans son ensemble qui est en jeu.
Les enjeux sont considérables, en particulier en ce qui concerne la survie des banques créancières des Etats européens endettés.
Car si l'encours de la dette grecque est d'un montant gérable en cas de défaut total ou partiel (345 milliards d'euros), la situation est très différente avec la dette espagnole et surtout italienne, comme le montre la graphique ci-dessus. L'impact d'une défiance accrue vis-à-vis de la dette espagnole et italienne sur les comptes des banques créancières européennes serait un véritable tsunami.
Nous somme partis pour de longs trimestres de crises et de tensions.

Tuesday, September 6, 2011

Lagarde persiste et signe

Christine Lagarde, la nouvelle patronne du FMI, a causé un mini-séisme il y a une dizaine de jours lors de la réunion des banquiers centraux du monde à Jackson Hole en clamant que les banques européennes avaient un besoin urgent d'être recapitalisées, si nécessaire par de l'argent public, pour faire face aux défis qui se trouvent devant elles : le ralentissement économique et les nouvelles détériorations des risques liés aux obligations d'Etats européens qui garnissent largement leurs portefeuilles.
Les propos de Lagarde ont choqué pas mal de responsables politiques et de banquiers européens qui se sont insurgés de ces propos alarmistes et ont réaffirmé la solidité du système bancaire en Europe.
Christine Lagarde remettait ça dans une interview parue lundi 5 septembre dans le journal allemand Der Spiegel : les banques européennes doivent être urgemment recapitalisées.
Ce même 5 septembre, c'est le patron de la Deutsche Bank, Josef Ackermann, qui a déclaré qu'il était évident qu'un bon nombre de banques européennes ne survivraient pas si elles devaient évaluer au prix du marché les obligations souveraines qu'elles détiennent. Curieux de voir ce grand banquier allemand rejoindre sur le fond l'analyse de Christine Lagrade alors qu'il avait lui-même vertement critiqué les propos de cette dernière quelques jours plus tôt en affirmant que le secteur bancaire européen était solide...
Ces propos sont par ailleurs confirmés par une étude du FMI à paraître le 21 septembre, dont le Financial Times a apparemment pu obtenir quelques extraits en primeur, selon laquelle les banques européennes verraient leurs fonds propres fondre de 200 milliards d'euro si elles inscrivaient à leur bilan les obligations d'Etats à leur valeur de marché.
Il est par ailleurs bien certain que la crise de la dette européenne est loin d'être terminée, et la cacophonie des dirigeants européens ainsi que leur attitude de déni face à l'ampleur du problème ne sont pas là pour rassurer. Plus le temps passe, plus les pertes potentielles que le secteur bancaire devra assumer sur les papiers souverains qu'il détient vont augmenter. Les 200 milliards de pertes potentielles chiffrés par le FMI pourraient donc bien être sujets à des révisions à la hausse.
On perçoit par ailleurs que les tensions augmentent nettement dans les transactions entre banques, lesquelles font désormais de plus en plus appel aux lignes de financement mises en place par la BCE pour se financer. Par ailleurs, les banques qui sont dans une situation de trésorerie excédentaire déposent des montants sans cesse croissants au jour le jour auprès de la BCE (167 milliards d'euro la nuit dernière), plutôt que de les prêter à d'autres banques à des taux plus avantageux, signe d'un malaise certain.
Et quel message nous envoie la bourse ? Le graphique ci-dessous est clair : nous sommes quasiment revenus aux niveaux des plus bas de mars 2009 pour les actions du secteur bancaire.
Je pense qu'à ce stade, il faudrait peu de choses pour que ces tensions ne se transmettent aux créanciers des banques, c'est-à-dire aux épargnants qui y ont déposé leurs avoirs, qui pourraient très bien se dire que leur épargne serait peut-être plus en sécurité ailleurs.
Ce phénomène, qu'aucun responsable n'ose évoquer tant il est synonyme de panique généralisée, porte un joli nom en anglais : bank run. Nous n'en sommes peut-être plus tellement loin si les dirigeants politiques européens ne décident pas de s'accorder rapidement sur des actions vigoureuses.
les banques européennes verraient leurs fonds propres chuter de 200 milliards d’euros si elles inscrivaient à leur bilan les obligations des États à leur valeur de marché.
les banques européennes verraient leurs fonds propres chuter de 200 milliards d’euros si elles inscrivaient à leur bilan les obligations des États à leur valeur de marché.
les banques européennes verraient leurs fonds propres chuter de 200 milliards d’euros si elles inscrivaient à leur bilan les obligations des États à leur valeur de marché.
les banques européennes verraient leurs fonds propres chuter de 200 milliards d’euros si elles inscrivaient à leur bilan les obligations des États à leur valeur de marché.
les banques européennes verraient leurs fonds propres chuter de 200 milliards d’euros si elles inscrivaient à leur bilan les obligations des États à leur valeur de marché.

Monday, September 5, 2011

Une fin d'année de tous les dangers

L'environnement macroéconomique s'assombrit de jour en jour en ce début du mois de septembre. Le chiffre des créations d'emploi au mois d'août aux Etats-Unis a mis le feu aux poudres vendredi dernier le 2/09 : alors que les observateurs s'attendaient à voir 68.000 nouvelles créations d'emploi, le chiffre annoncé est de zéro ! Pire, les créations d'emplois des mois de juin et juillet ont été revus sensiblement à la baisse. Pire encore, les autres statistiques publiées comme les heures de travail hebdomadaire prestées ou le salaire horaire moyen sont aussi ressortis plus bas qu'attendu.
Le rapport complet du Bureau du Travail américain est consultable ici.
Suite à ces chiffres importants, la conviction qu'un retour vers une situation de récession pour l'économie US gagne sans cesse plus de partisans.

L'autre front d'inquiétude pour les marchés, à savoir la crise de la dette des pays périphériques de la zone euro, a connu aussi un net assombrissement après quelques jours de calme relatif : des experts de l'Union européenne ont déclaré que la situation budgétaire de la Grèce n'est plus sous contrôle et le ministre des finances grec, M. Venizelos, a reconnu que l'objectif de déficit budgétaire pour 2011 sera dépassé.
Les bourses se sont remises à sombrer et l'or a quasiment retrouvé le niveau record qui était le sien il y a un peu moins de deux semaines, au-dessus de 1900 $ de l'once (voir graphique ci-dessus).
Des experts annoncent que le prix de l'or sera particulièrement soutenu en septembre et jusqu'à la fin de l'année du fait d'un phénomène saisonnier : les achats d'or physique en Inde se concentrent traditionnellement durant les 4 derniers mois de l'année au point que les achats du 4e trimestre sont traditionnellement deux à trois fois plus importants qu'au 1er ou au 2ème trimestre.
L'or n'aura pas besoin de cela, à mon avis, pour atteindre rapidement le niveau de 2000 $ : les défis et les incertitudes qui planent sur les économies des pays développés se chargeront du travail.

Thursday, September 1, 2011

Récession dans le secteur manufacturier en Europe

L'activité manufacturière dans la zone euro est retombée sous le niveau de 50 en août, ce qui signifie une contraction du niveau d'activité, autrement dit une récession.
Ce chiffre confirme une série de statistiques et d'indicateurs très négatifs qui ont été publiés depuis le début de l'été dans les économies dites avancées et qui font craindre un retour en récession.
On peut observer que l'Allemagne, qui a joué le rôle de poumon de l'économie européenne depuis près de 2 ans, a aussi subi un sévère ralentissement de l'activité manufacturière, l'indice PMI se maintenant cependant dans la zone positive à 50.9, le plus haut niveau parmi les pays de la zone euro. La Grèce occupe la lanterne rouge avec un indice manufacturier à 43.3 indiquant une très forte contraction.
Les chiffres et les commentaires complets sur l'activité manufacturière sont accessibles ici.
Ce jeudi après-midi sera publié le chiffre très attendu de l'indice ISM manufacturier aux Etats-Unis pour le mois d'août, attendu à 48.5, indiquant également une contraction de l'activité.
Les probabilités de retour dans une situation de récession pour les économies des pays développés augmentent donc sans cesse. Si c'est le cas, il faudra s'attendre à une poursuite de la vague de correction des bourses en septembre et/ou en octobre.
Keep your seatbelt fastened....