Thursday, December 15, 2011

Merkel - Schaeuble : l'autre couple qui dirige la zone euro

A côté du couple Merkel-Sarkozy, un autre couple pèse considérablement sur l'avenir de la zone euro : celui que forme la Chancelière allemande avec son Ministre des Finance en chaise roulante Wolfgang Schaeuble.
Je vous recommande cet article détaillé sur les relations complexes et de longue date entre Angela Merkel et Wolfgang Schaeuble et sur l'influence notable que ce dernier a sur la première.

Monday, December 12, 2011

Bilan du sommet européen de Bruxelles des 8 et 9 décembre

Les décisions prises lors de ce sommet vont permettre de :

- renforcer l'engagement des gouvernements vers davantage d'intégration au niveau européen : oui, même si ce n'est qu'un premier pas assez timide ;

- mettre en place une véritable intégration fiscale européenne : non, il s'agit au mieux d'une coordination fiscale que certains esprits caustiques pourraient qualifier de "flicage fiscal" via le contrôle européen des déficits ;

- relancer la croissance économique en Europe : non, au contraire : les décisions sont une consécration de la doctrine allemande visant à promouvoir l'austérité budgétaire antinomique de la relance de la croissance. Ceci est particulièrement préjudiciable pour des Etats comme l'Espagne ou l'Irlande dont la situation en terme de déficit public est saine mais qui sont confrontés à un endettement privé et un chômage explosifs et dont les problème ne sont pas adressés par ces mesures ;

- soulager le poids de la dette des Etats les plus endettés : non, au contraire : le projet d'implication "volontaire" du secteur privé (= des banques) est abandonné, et ce n'est pas parce que les Etats s'engagent sur une règle d'or inscrite dans leur constitution et acceptent de se plier à un contrôle européen que leur dette va effectivement se réduire. En effet, sans croissance économique, la réduction de l'endettement reste très hypothétique ;

- soulager les banques européennes : oui, pour la même raison que ci-dessus, et grâce au fait que les banques peuvent désormais se financer jusqu'à 3 ans auprès de la BCE de façon illimitée

- ouvrir la voie à une intervention musclée de la BCEpas clair à ce stade : le discours de Mario Draghi jeudi dernier laisse très peu d'espoir à un changement fondamental d'attitude de la BCE concernant sa politique d'achat d'obligations d'Etats ;

- permettre une réduction des taux d'intérêts payés par les Etats les plus endettés : non, du moins pas à court ou moyen terme, dans l'hypothèse probable où la BCE ne va pas devenir acheteuse massive d'obligations souveraines et où les banques confrontées à une obligation de désendettement vont rester vendeuses nettes ;

- augmenter les moyens d'intervention pour aider les pays en crise : non, au contraire : l'enveloppe du Mécanisme Européen de Stabilité (ESM) est maintenue à 500 bn € et une intervention via le FMI pourrait porter sur 200 bn € : ces montants sont insuffisants en cas de dérapage de la situation en Italie ou en Espagne ;

- assouplir les modalités de mobilisation de l'aide d'urgence aux pays en crise : oui : la mise en place du programme d'aide permanent de l'ESM est avancé de 12 mois, en remplacement de la Facilité Européenne de Stabilité Financière (EFSF) ;

Conclusion : il y a gros à parier que d'autres sommets de la dernière chance seront nécessaires pour résoudre cette crise de la zone euro. Quant aux marchés financiers, ils resteront chahutés.

Friday, December 9, 2011

Merkozy au sommet européen des 8 et 9 décembre

A lire les décisions et les commentaires issus du sommet européen de ces 8 et 9 décembre, c'est cette image de l'illustrateur Ingram Pinn qui me vient en tête : Merkozy avec leur fusil à bouchon qui défendent l'euro face à l'armada des spéculateurs.
Devant l'indigence des mesures annoncées, je crains que ces derniers vont se déchaîner dans les semaines qui viennent vis-à-vis de l'euro et des marchés obligataires et boursiers européens.

Bonne journée quand même !

Saturday, December 3, 2011

5 milliards de bras d'honneur

5 milliards d'euros : c'est l'incroyable montant que les épargnants ont prêté en une semaine à l'Etat belge au taux de 4%.
Ce record historique dans l'histoire des émissions d'emprunts d'Etat par la Belgique depuis la naissance de l'euro est un formidable bras d'honneur lancé par les citoyens belges à la finance internationale.
Alors que celle-ci s'ingéniait depuis quelques semaines à vendre les obligations belges et à pousser de ce fait les taux de rendement à la hausse, pariant sur un scénario-catastrophe qui allait emporter les finances publiques des Etats de la zone euro dans une spirale infernale, les petits épargnants belges ont dit non.
Ils ont souscrit en masse à ce nouvel emprunt d'Etat qui a récolté environ 10 fois le montant qui était espéré par l'agence belge de la dette, déjouant tous les pronostics et mettant K-O tous ces brillants spéculateurs internationaux.
Quelle fantastique leçon de bon-sens donnée aux prédateurs de la finance qui vont désormais réfléchir à deux fois avant de provoquer à nouveau cet adversaire dont il avait sous-estimé les ressources : le petit épargnant belge....