Tuesday, January 17, 2012

Moritz Kraemer au sujet de la dégradation des pays de la zone euro

Intéressant d'écouter Moritz Kraemer, le responsable du rating des débiteurs souverains européens chez Standard & Poors. Son interview sur Bloomberg TV peut être vue ici.
Bonne journée !

Sunday, January 15, 2012

S&P dégrade la zone euro

Coup de tonnerre vendredi 13 janvier après la clôture des bourses : Standard & Poors annonce la dégradation d'un cran de la France, de l'Autriche, de Malte, de la Slovaquie et de la Slovénie, et de deux crans de l'Italie, de l'Espagne, du Portugal et de Chypre.
Les motivations de S&P sont clairement expliquées dans le communiqué publié par l'agence de notation :

Today's rating actions are primarily driven by our assessment that the policy initiatives that have been taken by European policymakers in recent weeks may be insufficient to fully address ongoing systemic stresses in the eurozone. In our view, these stresses include:
(1) tightening credit conditions,
(2) an increase in risk premiums for a widening group of eurozone issuers,
(3) a simultaneous attempt to delever by governments and households,
(4) weakening economic growth prospects, and
(5) an open and prolonged dispute among European policymakers...


Le communiqué complet de S&P est consultable via ce lien.
Les marchés seront certainement sujets à une volatilité élevée lundi à l'ouverture des bourses européennes, et il faudra probablement quelques jours pour mesurer pleinement toutes les conséquences de cette action.
La semaine qui commence demain sera passionnante !
Bonne fin de week-end

Friday, January 13, 2012

Dette publique par habitant dans la zone euro

Remarquez que la Belgique se classe en 2e position après l'Irlande et avant la Grèce, le Portugal ou l'Italie...

Thursday, January 12, 2012

Qu'attendre des marchés en 2012 ?

En ce début d'année 2012, les stratèges, commentateurs, gestionnaires, économistes et autres gourous y vont de leur prévisions sur l'évolution des marchés.

Quels sont les faits sur lesquels baser une stratégie d'investissement ?

- les Etats occidentaux vont devoir continuer à mener une politique d'austérité budgétaire drastique pour mettre de l'ordre dans leurs finances publiques en réduisant leurs déficits. Cette austérité aura un effet négatif sur la consommation, ce qui contribuera au ralentissement économique qui lui-même va faire baisser les recettes des Etats, creuser les déficits et requérir davantage d'austérité... On se demande comment sortir de ce cercle vicieux.

- les banques, principalement européennes, vont devoir continuer à augmenter la part de leurs fonds propres par rapport au total de leur bilan. Plutôt que d'augmenter leur capital dans une période peu propice (voir l'opération d'Unicredit la semaine dernière), il est probable qu'elles vont choisir de réduire leurs actifs, c'est-à-dire réduire les crédits qu'elles accordent aux Etats, aux entreprises et aux ménages de façon à réduire leur endettement. Il s'agit ici aussi d'un facteur déflatoire qui va accentuer le ralentissement économique et qui pourrait déboucher sur un "credit crunch", c'est-à-dire un asséchement du crédit.

- les banques centrales des pays occidentaux vont continuer à maintenir des taux-plancher et à mettre en place des mesures additionnelles afin de soutenir l'activité économique et l'emploi, seule façon de tenter d'éviter une récession sévère.

- les pays émergents montrent des signes clairs de ralentissement de leur économie. On reste loin, certes, des chiffres de croissance anémique des pays occidentaux, mais la tendance est là.

- la cohésion de l'Union Européenne continue à être mise sous pression. En 2012, les sommets européens vont continuer à se succéder pour essayer de trouver des solutions à la situation budgétaire dramatique des Etats périphériques de la zone euro. La cohésion d'ensemble a commencé à se fissurer avec le repli sur soi anglais lors du sommet de décembre 2011 et les mesures populistes et antidémocratiques prises par le gouvernement hongrois de Viktor Orban qui menacent de mettre son pays au ban de l'Union.

- un nouveau front s'est ouvert ces derniers mois au niveau géopolitique avec l'Iran. La république islamique, affaiblie par la situation de guerre civile chez son allié syrien, semble décidée à poursuivre et amplifier son programme nucléaire dont un grand nombre d'observateurs sont convaincus qu'il a des visées militaires. Cette situation est inacceptable pour les occidentaux, et l'Union Européenne a décidé de prononcer prochainement un embargo sur l'importation de pétrole iranien. La plupart des spécialistes de la question sont pessimistes sur la possibilité d'une issue pacifique de ce conflit.

La toile de fond des prochains trimestres est posée à grands traits. Que faire dans contexte ? Ce sera l'objet d'un prochain message.